"115° vers l'épouvante", de Lazare Guillemot

“115° vers l’épouvante”, de Lazare Guillemot

Le roman de Lazare Guillemot, 115° vers l’épouvante, commence par un nuage bizarre. Dans un coin perdu de Cornouailles dans les années 1920, Billy est un orphelin qui s’improvise “guide officiel” pour les rares touristes qui viennent visiter les pierres levées de la région. Jusqu’au jour où lui et le prêtre catholique qu’il accompagne sont agressés par un nuage en forme de batracien.

Ce roman est le premier de la première Saison de l’Étrange et aussi le dernier que j’ai lu. Un bandeau sur la couverture indiquait “Lovecraft à l’honneur”; il a été très efficace: vu que je déteste Lovecraft, je n’ai pas eu envie de le lire. Ce qui est dommage, parce qu’il est plutôt sympa, en fait.

Bon, il faut dire que Billy et le prêtre font rapidement connaissance d’un groupe d’aventuriers américains qui font très “PJ de Cthulhu archétypiques”. Vous savez, ceux qui se baladent avec assez d’armes et d’explosifs pour alimenter une petite révolution sud-américaine? D’ailleurs, le nuage agressif, ils finissent par le traiter à la mitrailleuse d’aviation!

Du coup, on a histoire somme toute très pulp: une course-poursuite contre des sectateurs d’un Grand Ancien et leurs alliés inhumains, qui cherchent à faire revenir leur divinité. On a donc des énigmes historiques, des créatures mystérieuses, des lieux exotiques, des artefacts mystiques, une bagarre dans un salon de thé, de la dynamite et des canons de 75.

J’ai donc plutôt bien aimé la lecture de ce 115° vers l’épouvante. C’est plutôt enlevé, assez dans l’esprit de l’époque et bien rythmé. Je dirais cependant que son gros défaut est qu’il me paraît un peu déséquilibré, entre un début qui prend presque un tiers du bouquin et une fin qui se solde en un chapitre, presque à la va-vite.

Les personnages auraient aussi mérité d’être un peu plus développés. En même temps, c’est du pulp, donc vous me direz qu’on s’en fout un peu. Surtout que l’histoire est surtout vécue du point de vue de Billy, l’adolescent embarqué par hasard dans l’histoire. N’empêche que c’est dommage: la galerie de protagonistes est plutôt gratinée, elle aurait mérité plus de détails.

(À noter d’ailleurs que deux des personnages secondaires de cet ouvrage vont tenir la vedette d’un autre livre, dans la nouvelle saison, intitulé Gog et Magog, pédagogues de choc.)

Et puis les antagonistes manquent aussi un peu de mordant; ce sont presque plus des éléments de décor ou des sbires impersonnels. J’aurais aimé quelque chose de plus flamboyant (ou glauque), et surtout de plus personnel.

Reste que 115° vers l’épouvante est un plutôt bon bouquin. C’est certes assez léger et “l’épouvante” n’est pas vraiment au rendez-vous, mais c’était sympa à lire. Pas le meilleur de la collection, mais loin d’être le moins bon non plus.

D’autres avis chez Au pays des Cave Trolls, Les lectures de Sophie, Chut Maman lit, Le Bibliothécaire, Limaginaria, Dans la biblio de Koko (et bien d’autres).

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