Casanova

Je vous préviens tout de suite: le lien entre le héros de la bande dessinée Casanova et le personnage historique vénitien est plutôt ténu, sinon que ça parle d’espionnage, de trahison et de sexe. Casanova Quinn est le fils du directeur d’E.M.P.I.R.E., un syndicat du crime qui règne sur notre planète à une époque plus ou moins contemporaine. C’est un voleur, un espion et un assassin, mais c’est surtout le mouton noir de la famille, là où sa sœur jumelle, Zephyr, est le meilleur agent de l’organisation.

Les choses commencent à partir en gonade assez rapidement, lorsque Zephyr est tuée lors d’une opération et que Casanova se retrouve dans une dimension parallèle dans laquelle c’est lui qui est mort. Après, l’histoire, écrite par Matt Fraction (Invincible Iron Man, Uncanny X-Men) et illustrée par les frères – jumeaux, eux aussi – Gabriel Bá (The Umbrella Academy) et Fábio Moon (BPRD: 1947), devient vraiment compliquée…

Casanova est un pastiche hyperbolique des séries d’espionnages des années 1960, avec ses agents capables de prouesses surhumaines, ses femmes fatales et ses organisations mystérieuses aux acronymes affreusement tarabiscotés. Ajoutez à ce tableau des éléments que des gens pédants pourraient qualifier de postmodernes et beaucoup, beaucoup de drogues: les personnages en prennent, je suppose que les auteurs aussi et, du coup, le lecteur a l’impression de se faire un trip à l’acide pas toujours très frais.

Recommandée par BoingBoing, la série est plaisante, mais elle ne m’enthousiasme pas entièrement: elle atteint le même niveau de nawakitude que Nextwave (voire pire), mais sans le détachement humoristique de celle-ci. Pour donner une idée, on a droit à des gynoïdes de plaisir, des robots de combat japonais datant de la Seconde Guerre mondiale, des casinos volants invisibles et (dans le deuxième recueil) une sorte de Schtroumpfette mutante venue du futur.

Ça, plus les interventions ponctuelles au-delà du quatrième mur (le personnage parlant directement avec le lecteur), y compris de Dieu le père, pour expliquer certains points de l’intrigue.

En fait, par certains côtés, elle me rappelle les scénarios Silly-TV de Thias, où les personnages sont plus définis par leurs allégeances (au minimum triples et contradictoires), leurs perversions sexuelles et leurs fringues que par leurs compétences (qui sont de toute façon largement au-dessus de celles du commun des mortels – ce qui est en fait différent des Silly-TV, où toute action se solde immanquablement par une réussite critique ou un échec critique). Pas que ce soit un mal, c’est juste qu’il vaut mieux être prévenu.

Pour le moment, deux volumes sont parus: “Luxuria” et “Gula” (la série devraient en compter sept, chaque volume basé sur les péchés capitaux). C’est d’ailleurs un petit peu le péché honteux de ma semaine “Black March“, puisqu’alors que je pensais que c’était une série indépendante, elle est en fait publiée par Marvel – donc Disney. Honte.

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