Cast: Power and Outcome

Cast: Power and Outcome

Pour cette chronique de Power and Outcome, du groupe de rock progressif mexicain Cast, je ne vais pas vous jouer l’habituel couplet sur le bon et le mauvais rétro-progressif, d’une part parce qu’il est éculé et, d’autre part, parce que Cast a une excuse: c’est un groupe actif depuis 1978.

Je ne vais pas non plus faire durer le suspens: j’adore cet album. Cast y délivre un rock progressif symphonique inspiré de Camel et de Kansas, avec une touche de Cairo. Déjà, il y a du violon.

Power and Outcome est un album moulé dans le prog: dix pistes et septante et une minutes, avec des compositions le plus souvent entre huit et dix minutes et, surtout, des instrumentaux somptueux.

C’est surtout dans ce domaine que Cast fait des étincelles – format feu d’artifice majeur, avec les guitares de Claudio Cordero et les claviers d’Alfonso Vidales qui se livrent à des acrobaties aériennes de haut vol, souvent rejoints par le violon de Roberto Izzo.

À commencer par « Rules of the Desert » et par la seconde partie de « Details » et ses près de neuf minutes. Mais il y a légalement de très belles choses dans « Through Stained Glass », qui lui fait suite et encore dans « Illusions and Tribulations » – à un moment, on se dit que la machine est lancée et que ça ne finira plus – sans parler de l’intro de « Dialect for the 21st Century ».

On pourrait presque dire que Power and Outcome est un album instrumental avec quelques rares parties chantées pour lui donner une forme de respiration. C’est un peu exagéré et, même si le chant n’est pas le point fort de Cast – il y a même une voix féminine, mais on ne l’entend quasiment que dans les chœurs – ses performances sont tout à fait respectables.

À l’image de sa pochette, au dessin médiévalisant avec des couleurs éclatantes est un logo futuriste, Cast allie l’élégance et la complexité du rock progressif symphonique des années 1970 et un son moderne, solide et puissant.

Il risque cependant de faire grincer des dents les puristes qui ne jurent que par les dinosaures originels et par les modernistes qui pensent que le prog contemporain doit obligatoirement être moderne.

Je ne peux pas leur donner entièrement tort, mais il existe des moments où il fait oublier son snobisme et s’écouter un putain de bon album de prog. Et Power and Outcome est un putain de bon album de prog, que vous pouvez trouver sur Bandcamp, pour un prix un peu élevé ($13 en numérique), mais franchement, ça en vaut chaque centime.

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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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