Cast: Vigesimus

Cast est peut-être le meilleur groupe de rock progressif dont vous n’avez jamais entendu parler. D’accord j’exagère. Un peu. N’empêche que, malgré quelques défauts, ce Vigesimus est fort impressionnant.

Ne serait-ce que parce que cet album est le vingtième du groupe. Comme son nom l’indique en latin. Formation mexicaine active depuis 1978, Cast propose un rock progressif symphonique chanté en anglais qui évoque tout à tour Yes, ELP, Kansas, UK et Cairo.

(Si vous ne connaissez pas Cairo, groupe qui a fait les beaux jours du label Magna Carta à la fin du XXe siècle, imaginez un projet solo qui ferait du néo-prog alimenté au nitrométhane.)

Vigesimus n’est pas exactement un petit album. À l’achat, je me suis étonné de son prix plutôt élevé, pour du numérique. Sauf qu’il fait septante-sept minutes. Oui, plus d’une heure et quart. Avec pas moins de dix pistes, dont quatre flirtent avec, ou dépassent, les dix minutes.

J’avais déjà chroniqué leur précédent opus, Power and Outcome, et celui-ci reprend grosso-modo la même formule: un rock progressif symphonique à la fois « à l’ancienne » et modernisé, avec des violons, et des compositions qui incluent des longs passages instrumentaux somptueux et, souvent, survitaminés.

La preuve par « Ortni », l’instrumental qui ouvre l’album, « Manley », l’autre instrumental, mais aussi avec la première partie des epics « Crossing » et « Dredging to a Higher Place » ou « Contacto ».

Ça, c’est la bonne nouvelle. La moins bonne, c’est les parties chantées. Je n’avais déjà pas été particulièrement impressionné par le précédent album, sur ce point, et j’ai l’impression qu’ici, elles sont encore un cran en-dessous.

C’est surtout un problème d’incorporation dans le reste de la composition, à mon avis. Le chanteur ne démérite pas, mais il me donne l’impression de batailler avec des arrangements pas vraiment optimaux. Pas tout le temps, notez (« The Unkwon Wise Advise », par exemple, reste sur le fil tout du long), mais il y a des fois où ça pique un peu (« Location and Destination », mais qui finit avec un instrumental balèze).

je ne vous cacherai pas que c’est un défaut qui n’est pas vraiment mineur, mais qui ne suffit pas à me faire voir Vigesimus de façon négative. Cast compense par une maîtrise instrumentale spectaculaire et une énergie impressionnante pour des vétérans avec quarante ans de pratique.

Quelque part, Cast donne réellement l’impression d’être un groupe qui fait le pont entre la « grande époque » des seventies et l’époque contemporaine, en passant par à peu près toutes les ères intermédiaires du prog.

Et si Vigesimus me paraît moins impressionnant que Power and Outcome (qui est l’album avec lequel j’ai découvert le groupe, aussi), il propose un prog symphonique enthousiasmant et souvent transcendant.

L’album est disponible sur Bandcamp – comme mentionné, un peu cher, mais pour presque huitante minutes, franchement, ça va.

Bonus: le teaser de l’album:

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