“Matter”, de Iain M Banks

Je viens de terminer Matter, le dernier roman de l’écrivain de science-fiction écossais crypto-communiste Iain M Banks, qui a pour cadre la “Culture“. Comme souvent, ça dépote pas mal.

La particularité de ce pavé de près de 600 pages, c’est qu’il suit plusieurs histoires en parallèle, histoires qui finissent bien entendu par se retrouver: les protagonistes sont trois des enfants d’un roi, mort sur un champ de bataille: l’un est le prince en titre, l’autre est le fils prodige, présumé mort mais en fait poursuivi par les hommes du régent, et la troisième est devenue une sorte d’ambassadrice auprès de la Culture, ce qui la sauve de sa condition de femme dans une civilisation semi-industrielle.

Avec Banks, on a souvent plus des histoires à personnages que des grandes fresques. Dans Matter, certes, il y a des Choses Qui Se Passent, mais on sent bien que ce sont les personnages eux-mêmes qui sont plus importants. Ça donne le côté frustrant que les évènements à l’échelle cosmique qui se déroulent, d’une part ne démarrent réellement que dans le dernier quart du bouquin et, de plus, sont réglés en quelques pages.

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La revanche des Savoyards

On connaissait la “revanche de Moctezuma”, à savoir la tourista qui s’abat sur le voyageur imprudent en périple sud-américain. Je propose de nommer “revanche des Savoyards” la crève contractée par le Genevois qui applaudit le passage du cortège de l’Escalade dans le froid de décembre. Tout ceci donc pour dire que j’ai la gorge en …

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Antonov/JC Jess/Crysalid à Meyrin

Il y a des fois où j’ai envie de me laisser pousser les cheveux. Comme j’en arrive à un point de l’âge et des ravages de la testostérone où ce n’est plus vraiment possible, j’utilise des substituts: les concerts, surtout ceux de métal. Ça tombe bien: hier soir, trois groupes locaux (Antonov, JC Jess et Crysalid) se produisaient à l’Undertown, petite salle de Meyrin, dans la banlieue de Genève. Il y a presque dix ans, j’étais déjà venu y applaudir Rage et Nightwish, c’est dire si c’est jeune.

Petite affluence: il faut dire que c’est le soir de l’Escalade, une fête très populaire dans le canton, et qu’il y avait beaucoup d’autres événements. On devait être une cinquantaine, en comptant les groupies des groupes susmentionnés (et un Philippin un peu perdu, mais qui s’est bien amusé quand même).

On commence avec Antonov, du hard-rock tendance Silmarils/No One Is Innoncent avec un chanteur/narrateur en français. Musicalement, ce n’est pas très original, mais bonne patate, parfait pour chauffer l’ambiance.

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Enslaved: Vertebrae

Ce n’est pas tous les jours que j’achète un album de death metal, comme le Vertebrae de Enslaved ; c’est déjà arrivé, mais c’est rare et, souvent, je le regrette. Dans le cas présent, l’album m’avait été chaudement recommandé par un forumiste, qui avait cité des influences Pink Floyd.

Certes, il y en a. Mais pas que : on y entend certes des sonorités dignes des groupes de prog psychédélique des années 1970, tels justement les flamants roses en question, mais aussi des grosses ambiances post-rock à base de plages de guitares. Il y a également pas mal de grognements borborygmiques, qui personnellement m’agacent, mais qui ici restent discrets (pas comme Opeth, pour donner un nom au hasard).

Au final, Vertebrae est une expérience intéressante, à la frontière entre plusieurs styles, sans être révolutionnaire ou renversante. J’avais lu quelque part la théorie comme quoi les groupes de gros métal qui tache, genre death ou thrash, se transformaient peu à peu en groupes de prog-métal une fois qu’ils avaient fait le tour de la question. Théorie tentante, surtout à l’ouï de cet album (mais probablement fausse).

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Quand les vieux fichiers attaquent

C’est la faute de Janus!

Bon, maintenant que ça, c’est posé, quelques explications sur le pourquoi du comment. La semaine passée, Janus se réveille de trois ans de léthargie et décide de se lancer dans Tigres Volants v3. Du coup, le voici qui épluche tout le matos et qui tombe sur une erreur dans le fichier intitulé “Création-express”, un PDF disponible sur le site officiel et conçu pour résumer en six pages l’univers de jeu et la création de perso, avec la feuille de personnage en sus.

Qu’à cela ne tienne, je m’en vais corriger le bazar.

Sauf que le fichier InDesign s’avère être impossible à ouvrir. Donc, j’en recrée un autre avec le nouveau modèle de page et le fichier texte originel. Facile.

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“Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous”, de Philippe Val

En ces jours où, dans certains lieux, le terme “social-démocrate” est devenu un gros mot, je viens de finir le dernier livre de Philippe Val. Rien que le titre “Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous” est garanti pour faire grincer des dents ceux qui n’aiment pas le personnage (ou qui n’aiment pas Michel Sardou).

J’y ai trouvé du bon et du moins bon. Je pars déjà avec un avis favorable: j’aime bien ce qu’écrit Val. Je ne suis pas toujours d’accord avec lui, mais, passé quelques tics de langage et une tendance à faire dans le verbeux, je trouve la plupart de ses arguments intelligents ou, à tout le moins, réfléchis.

Le bon, c’est toute la partie autour du procès des caricatures. Val nous emmène dans les coulisses de cet évènement. Bien sûr, on y verra une nette tendance à l’autopromotion ou à l’autocongratulation; d’un autre côté, il n’y a pas non plus tromperie sur la marchandise. Il y a même des parties franchement hilarantes, comme les interventions de Claude Lanzmann.

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La Citadelle, bar métal

Je crois que je vais déménager à La Citadelle.

Je m’explique. Le samedi, j’aime bien me coller dans un bar, siroter un café et bosser sur des textes – ou, le plus souvent, perdre du temps sur Internet, pour peu qu’il y ait un réseau sans fil ouvert à proximité.

En général, pour ce genre d’exercice, il m’est recommandé de me munir d’une quelconque boîte à musique et d’écouteurs munis de solides réducteurs de bruit ambiant, vu que ce genre d’endroit est souvent pourri par une ambiance musicale fournie par Radio Nostalgie et d’autres abominations du genre.

J’aimais bien aussi aller chez mon fourgue habituel en bruits sauvages, le magasin Burn-Out, qui avait en plus l’avantage de ne pas être loin de mes autres terrains de chasse habituels. J’utilise l’imparfait, car il a récemment fermé, pour se réincarner, précisément, dans la Citadelle.

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“La Guerre des Classes”, de François Ruffin

À force de fréquenter des forums hantés par des chancres de l’ultra-gauche (tendance rôliste), ça devait arriver: j’ai fait le plein de littérature subversive à Paris, il y a trois semaines. J’ai donc lu, entre autres, La guerre des classes de François Ruffin.

C’est la faute de Loris. Il se reconnaîtra. Les services de police aussi.

C’est un livre qui revient sur le fait que la notion de “guerre des classes” a complètement été évacuée du discours politique mondial en général et français en particulier, alors qu’il est plus que jamais d’actualité. Il y a là beaucoup de témoignages directs (Ruffin est entre autres animateur de l’émission de radio “Là-bas si j’y suis” sur France-Inter et a rencontré pas mal de monde au cours de ses pérégrinations), de la recherche et énormément d’énergie et d’implication personnelle. Trop, peut-être.

À sa lecture, j’ai ressenti un double sentiment de malaise; triple, si on compte le fait que je l’ai lu dans le bus et que ça me rend malade. Le premier est évident pour quelqu’un qui prétend, comme moi, avoir une susceptibilité de gauche: une grande partie de la classe politique française qui s’affirme de gauche a complètement perdu pied avec la réalité et navigue à vue dans une bouillie idéologique faite de termes creux ressassés jusqu’à la nausée (des auditeurs) et d’une doctrine socio-économique de centre-droit quasiment assumée.

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The Pineapple Thief: Tightly Unwound

Progressif, post-rock ou les deux? Post-prog, peut-être? Au grand jeu des étiquettes stylistiques, il y a des groupes qui défient toute catégorisation, pas tant parce qu’il sont dans un genre à eux tous seuls, mais plutôt parce qu’ils sont à cheval entre deux genres raisonnablement bien établis. C’est le cas des Anglais de The Pineapple …

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Frost*: Experiments in Mass Appeal

Je vais être tout de suite clair: Experiments in Mass Appeal, le nouvel album de Frost* (l’astérisque est importante; ne me demandez pas pourquoi), n’est pas Milliontown. D’un autre côté, il était casse-gueule d’arriver après un monstre de ce calibre.

Certes, on y retrouve en partie le néo-prog de Frost* et suffisamment d’énergie dans une seule compo pour éclairer une ville de dix mille habitants pendant un mois, mais l’ambiance musicale a changé. Plus de technologie, moins de surprises, des morceaux moins longs, aussi. Dans l’absolu, ce n’est pas un mal, mais ça surprend.

En fait, le gros défaut de l’album, c’est une production qui sonne affreusement plate: là où Milliontown avait un son énorme, qui tabassait tout sur son passage, j’ai un peu l’impression que le reste de l’univers a pris sa revanche et est allé tabasser en retour le son de cet album.

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Tigres Volants: la campagne en test

Samedi 15 novembre 2008 est un jour à marquer d’une pierre blanche: j’ai commencé le test de la campagne Tigres Volants, dont le titre provisoire est “Devoir de mémoire“. Les mauvaises langues diront que c’est d’autant plus remarquable, vu que ce doit être la première fois que je teste un supplément Tigres Volants avant sa publication; pas de commentaire!

Depuis la dernière fois que je vous en ai causé, ladite campagne a été passablement remaniée. La raison en est simple: Thias est passé dessus, tel le semi-remorque en retard sur le ragondin imprudent. Il m’a fallu un moment pour remettre les morceaux valables en place (et ce n’est pas encore complètement terminé), mais c’est bien ainsi. Je n’étais pas vraiment satisfait de ce premier jet et l’exercice a eu le mérite, d’une part de me prouver que j’avais raison de ne pas être satisfait et, d’autre part, de me donner des pistes pour le faire évoluer.

Cette première séance tenait plus du prégénérique que d’autre chose: une sorte d’amuse-gueule permettant de mettre les joueurs dans le ton. Dans le cas présent, ça impliquait l’exploration d’un ancien complexe datant de l’époque d’Erdorin (quinze mille ans et des brouettes), la découverte d’artefacts mystérieux, des officines occultes nazies, l’arrivée de pillards très mal intentionnés et beaucoup d’explosions – sans parler de l’équipe adverses d’archéologues mondains et de leur tamanoir femelle.

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Objectif Jeu 2008 : Salle défaite

Que les organisateurs d’Objectif Jeu me pardonnent ce titre, mais je résiste difficilement à un jeu de mot pourri. Néanmoins, derrière ce calembour vaseux, dont même le Canard Enchaîné ne voudrait pas, se cache un triste constat : Objectif Jeu, c’était mieux avant.

Je m’explique : l’année passée, on avait eu droit à une chouette convention avec beaucoup de jeu et quelques stands qui vont bien et tout le monde s’était bien amusé. Cette année, la venue en masse d’éditeurs, d’auteurs et d’associations auraient dû assurer un joli succès, sauf qu’on s’est retrouvé avec plus de stands que de joueurs dans des locaux microscopiques.

Ayant discuté de la chose avec quelques-uns des organisateurs, je sais que ce couac n’est pas entièrement de leur faute, que la salle choisie l’a été à la suite d’un changement de dernière minute et qu’en plus, il y a eu un chaos logistique majuscule derrière. Du coup, certains invités sont repartis déçus, voire fâchés. Ça s’appelle être victime de son succès ; c’est dommage, mais, dans le genre destin funeste, il y a pire.

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It Bites: The Tall Ships

Il y a des groupes comme ça, qui s’amusent à ressusciter de nulle part après vingt ans d’absence: le dernier album d’It Bites, Eat Me in St. Louis, date de 1989. Maintenant, niveau résurrection musicale, on a déjà vu des catastrophes majeures; The Tall Ships n’en fait pas partie. Sans être l’album du siècle, de …

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Dernières nouvelles d’Erdorin

… ou “même pas mort!”

Erdorin (attention! site mis à jour tous les 36 des mois commençant par un Z) est un projet de bande dessinée, plus ou moins maudit, qui trotte dans la tête d’Axelle, Jess et moi; évidemment, dans un tel environnement fait de sable, d’araignées, de vide intersidéral et de blagues fumeuses, on ne peut pas dire qu’il se développe de façon harmonieuse –et ce d’autant plus qu’il a tendance à vivre dans les trois caboches à la fois et suivre des chemins, disons, divergeants.

J’en parle ici parce qu’il se trouve qu’Axelle relance le truc dans son blog et que c’est le moment ou jamais de voir si DotClear gère les trackbacks sans changer de réalité. (Note: entretemps, le blog en question a disparu; sic transit etc.)

C’est vrai que le projet n’avait jamais réellement quitté mon esprit, surtout ces temps-ci: la campagne Tigres Volants sur laquelle je m’échine depuis quelques mois est en partie basée sur les réflexions engendrées par ce projet et portant, entre autres, sur le passé de l’univers, avant l’Exil (le départ des Eyldar et des Atlani loin de la Terre pour cause de glaciations).

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Gare aux Dragons 2008

Je me demandais où sont tous les joueurs de Tigres Volants. Maintenant, je le sais : à Bordeaux ! Bon, pour le coup, il a fallut que j’aille voir sur place pour m’en rendre compte. C’est là où j’étais ce week-end passé, à la convention « Gare aux Dragons » de l’association bordelaise (mais non, ce n’est pas un gros mot) Dragons, trésors et contes au si gracieux acronyme.

Magenta: Metamorphosis

J’avais oublié de vous causer de Metamorphosis, le dernier album en date du groupe britannique de néo-prog Magenta, que j’avais acheté au cours de ma frénésie consumériste parisienne du mois passé. Ce n’est pas le seul des quelques dix-huit albums achetés à cette occasion, mais je pense qu’il faut quand même que je lui consacre un petit billet.

Ce n’est pas exactement l’album du siècle, ni même de l’année; il est vrai que le néo-progressif est un genre qui a tendance à se cantonner, encore plus que le prog traditionnel, dans un style donné, sans beaucoup d’imagination. Metamorphosis, malgré sa pochette qui semble plus à sa place dans les bacs de métal tendance black-death-core-tech-math, ne révolutionnera pas le genre.

Pas ou peu d’originalité, donc, mais une application certaine dans les compositions (dont deux dépassent les vingt minutes) et l’interprétation, des influences celtiques. C’est souvent inspiré, fort bien maîtrisé et l’ensemble est fort agréable à l’écoute. En ces temps de star-ac et de tektonik, c’est toujours ça de pris sur la médiocrité.

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The Probability Broach, une utopie libertarienne

Et si les USA étaient devenus libertariens, un modèle utopique de la libre entreprise et du libre échange, une nation idéale avec un gouvernement nominal et une administration inexistante? C’est le point de départ de The Probability Broach, une bande dessinée américaine (en anglais, donc), lisible intégralement sur le site web de son éditeur.

Sauf qu’en fait, ce n’est pas seulement une bande dessinée, au demeurant plutôt agréable à lire, avec son histoire de flic de base fuyant (par hasard) une société de gauchistes répressifs à travers une porte dimensionnelle: c’est aussi et surtout un ouvrage de propagande.

À part si vous vivez dans un caisson d’isolation sensoriel avec ce seul blog comme accès au monde extérieur (dans lequel cas il vous faut de l’aide psychiatrique d’urgence!), vous avez dû noter que les USA sont en période d’élection. Ce qui signifie que les forums US que je fréquente, RPG.net en tête, sont encore plus politisés que d’habitude.

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Within Temptation: Black Symphony

Alors, il paraît que j’avais déjà écouté du Within Temptation auparavant. Le fait que je n’en ai aucun souvenir donne une assez bonne idée de l’impression que ça m’avait laissé, à savoir (visiblement) aucune. Du coup, c’est en toute innocence que j’ai pris le double live Black Symphony, récemment arrivé chez mon tripier habituel.

Je crois comprendre ce qui est arrivé; ça peut se résumer en une phrase: Within Temptation, c’est du sous-Nightwish.

J’admets que le résumé est lapidaire – entendez par là que ça revient à leur balancer un gros caillou, genre menhir ou lune de taille moyenne, sur le coin de l’ego. Il n’empêche que la musique se situe exactement au même croisement des genres “métal à chanteuse” et “métal symphonique”, croisement qui a tendance à devenir particulièrement encombré ces temps.

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Qntal: Translucida

C’est totalement par hasard que je suis tombé sur Qntal et leur dernier album en date, Translucida. D’une part, parce qu’il passait chez Burn-Out, le magasin qui me fournit ma dope musicale hebdomadaire et, d’autre part, parce que ce n’est pas exactement le genre de musique qu’on peut s’attendre à entendre dans une boutique dont le fond …

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