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« Du coin de l’œil », de Nicolas Bouvier

« Du coin de l’œil », de Nicolas Bouvier

Même plus de vingt ans après sa mort, Nicolas Bouvier a encore des choses à nous dire. Certes, les textes contenus dans ce présent ouvrage, Du coin de l’œil, ne sont pas inédits, mais pour la plupart, ils n’avaient n’avaient jamais été réunis dans un ouvrage.

Le sous-titre de Du coin de l’œil résume l’affaire: « Écrits sur la photographie ». C’est un peu lapidaire, disons. Effectivement, cette collection fort disparate de textes a pour point commun l’art de la photographie. Mais à travers lui, Nicolas Bouvier nous parle aussi du monde et de lui-même.

Oui, comme un photographe, quoi.

Photographe, l’écrivain-voyageur genevois l’a d’abord été par nécessité: coincé au Japon, il lui a fallu trouver de quoi vivre. Et c’est d’ailleurs au Japon que commencent les textes, remontant chronologiquement, ou peu s’en faut, la vie de Nicolas Bouvier.

Il y a un peu de tout dans ces textes: des extraits d’autres ouvrages (rares), des articles publiés dans la presse, des préfaces d’ouvrages ou de catalogues d’expositions, voire des interviews. Au reste, ces textes ne touchent pas seulement à la photographie. L’auteur y parle aussi de son « autre métier »: celui d’iconographe.

Dans les deux cas, il y a un côté fascinant dans ces témoignages vus de ce premier quart du XXIe siècle. Surtout par quelqu’un qui, comme moi, navigue plus ou moins dans les mêmes eaux professionnelles, mais en n’ayant connu que le numérique.

Il est en effet facile d’oublier qu’avant l’avènement de cette technologie, la photographie impliquait l’achat de films – souvent coûteux – et le passage par le stade du développement et ses surprises – souvent mauvaises.

De même, pour l’iconographie, c’était un passage obligé pour la fabrications d’ouvrages et, avant l’existence de banques d’images accessibles par Internet, ça impliquait de se déplacer et de prendre les clichés soi-même.

Autre temps, autre mœurs; j’avoue n’avoir aucune nostalgie par proxy. Mais ça me fascine par ce que ça impliquait.

Un autre aspect de Du coin de l’œil, c’est les portraits que Nicolas Bouvier fait de certains de ses contemporains photographes, parfois amis. Ce semble être surtout des portraits posthumes, d’ailleurs. Au travers de ses portraits, il aime dépeindre une Suisse plus aventureuse qu’elle n’en a l’air, non sans un humour féroce. J’avoue avoir souri plus d’une fois; son sens de la formule est toujours impressionnant.

Je regrette juste que cette édition de Du coin de l’œil, en livre de poche, ne soit pas accompagnée de certains des clichés mentionnés. C’est un des reproches que j’avais également fait à l’ouvrage Les Boissonnas (avant d’apprendre qu’il en existait une version illustrée, d’ailleurs).

L’autre reproche, c’est l’absence de mise en contexte des différents textes présentés dans cet ouvrage. Ce n’est pas tout à fait vrai: cette mise en contexte est faite dans un des appendices de fin. Mais ce n’est pas indiqué initialement et ça oblige à de fréquents allers et retour. Ou à tout découvrir d’un bloc, à la fin.

Du coin de l’œil est cependant un ouvrage très intéressant, que je recommande aux amateurs de Nicolas Bouvier. Ils y trouveront, je pense, beaucoup de textes inédits, pas forcément majeurs, mais très bien quand même.

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