Gazpacho: March of Ghosts

C’est François qui va être content: son groupe préféré, Gazpacho, est de retour, avec March of Ghosts! Bon, blague à part, c’est en effet un nouvel album pour les Norvégiens néo-proggers et, sans trop de surprise, une sorte de concept album, cette fois sur une thématique spectrale, puisqu’on y parle esprits, fantômes et revenants.

Disons-le tout net: c’est un album somptueux, avec une cohérence impressionnante et des musiciens parmi les meilleurs du genre – à commencer par le toujours fascinant chanteur Jan-Henrik Ohme. C’est également un exemple assez spectaculaire que l’abus en tout est un défaut et qu’à force de trop jouer sur ses points forts, même le meilleur des groupes peut lasser.

Gazpacho excelle dans les compositions lentes ou mid-tempo qui se construisent avec soin et tissent une ambiance, appuyée par la voix de leur chanteur. En ce sens, mission accomplie! Le problème est double: d’une part, un peu tous les onze morceaux de March of Ghosts sont construites sur ce principe et, d’autre part, soit elles sont trop courtes, soit Ohme chante trop!

Je vous jure: il y a des fois où je m’attends à un développement instrumental de haut vol et hop! il en remet une couche et j’ai envie de le choper par le col pour lui dire “Jan-Henrik, tu chantes super bien, mais ça serait vraiment sympa SI TU POUVAIS FERMER TA GUEULE PLUS DE CINQ SECONDES, BORDAYL!” Oui, je sais, c’est très con, mais ça soulage un peu.

Parce qu’en fait, niveau musique, Gazpacho nous pond quelques mélodies d’exception sur cet album, notamment avec les quatre “Hell Freezes Over” qui le parcourent, soulignées par des parties au violon magnifiques ou sur le celtisant “Mary Celeste”.

March of Ghosts est donc un album paradoxal, qui souffre d’un abus de qualités manifestes et, il faut bien le dire aussi, d’un certain manque d’originalité: il ressemble à Missa Atropos, qui ressemblait à Tick Tock. Dans l’absolu, il reste très bon, mais il mériterait plus de variété et d’audace. Il me semble d’ailleurs que je dis souvent ça pour les albums que je chronique, ces derniers temps. La vieukon-attitude, sans doute.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. Sabat dit :

    Un album imparable avec un chanteur à la voix remarquable. Il aurait été tout de même dommage de passer sous silence cette qualité plutôt rare de nos jours… Il est vrai, en revanche, que la formule a à tendance à se répéter, même si l’accent celtique se développe de plus en plus…mais je ne m’en lasse pas… Pas encore.

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