Haken: Vector

Haken: Vector

À chaque époque ses têtes de file et les Anglais de Haken sont bien partis pour être ceux de la décennie en ce qui concerne le rock progressif. Leur nouvel album, Vector, semble en être la confirmation.

Haken est un groupe qui est constamment sur le fil, entre rock et metal progressifs. Disons plutôt que c’est une des multiples formations contemporaines – avec Leprous, entre autres – qui ont contribué à rendre floue la frontière entre ces deux sous-genres.

Vector est un concept-album qui emporte l’auditeur dans un hôpital psychiatrique, un face à face entre un patient et son savant fou de médecin. Avec sept pistes et quarante-cinq minutes, Vector ne traine pas, ce qui est surprenant (pour du prog, s’entend) mais pas déplaisant non plus. Avec ses compositions très souvent au-dessus des six minutes (douze pour « Veil »), il paraît plus long.

Musicalement, Haken renoue ici avec un style plus proche du metal progressif, voire carrément avec ses influences Dream Theater, période Awake (surtout sur “Puzzle Box”). On y retrouve également des tendances djent. Le son est plus puissant, voire plus brutal que sur Affinity – un peu plus sale, aussi.

D’un point de vue, c’est une force, mais c’est aussi une faiblesse. Une force en ce que Vector est un album intense et qui tabasse, mais une faiblesse, parce que ces influences onirothéâtrales sont parfois trop présentes dans les compostions de cet album. Peut-être pas “trop présentes”, mais j’ai l’impression qu’une fois qu’on en repère une, on les entend partout.

Alors, certes, je pinaille. Un peu. Avouons qu’il est facile de se laisser emporter par cet album et de ne pas prêter attention au reste. Mais, pour ma part, j’ai trouvé ces influences vraiment trop marquées. Plus, par exemple, que les sorties électro-zarbo de « The Good Doctor ».

Cela dit, à côté de cela, on a un album qui déboule à deux mille à l’heure et qui est impressionnant d’intensité. Surtout la deuxième partie, à partir de “Veil”, avec notamment un impressionnant instrumental “Nil by Mouth” qui dépote méchant. Et puis bon, les musiciens sont juste monstrueux.

L’un dans l’autre, Vector est un très bon album, mais honnêtement, j’attendais mieux de Haken. Oui, je suis un peu trop exigeant, mais je sais aussi ce que ce groupe est capable de faire; ici, j’ai l’impression – fugace, mais extrêmement agaçante – qu’ils se sont laissés tenter par la facilité.

Cette impression mise à part, l’intensité et la puissance de Vector fait que j’anticipe encore plus de voir Haken à Aarau, le 8 mars. En plus, c’est une salle où je les ai déjà vus et je sais qu’ils y sont souvent à l’aise.

Bonus: la vidéo de “A Cell Divides”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :