« Hante Voltige », de Nelly Chadour

« Hante Voltige », de Nelly Chadour

Vous voulez des contrées exotiques, du paranormal urbain et une époque pas si différente de la nôtre? Prenez Hante Voltige, de Nelly Chadour, paru dans la saison 2 des Saisons de l’Étrange et retrouvez le Paris de 1986, ses gothiques, ses cataphiles, ses manifestations et ses flics maudits.

Sous sa couverture-hommage à Stranger Things (format pochette de VHS de la Hammer), on y suit quatre jeunes gens qui se croisent brièvement au cœur de la manif en l’honneur de Malik Oussekine, massacré par les voltigeurs motocyclistes de Pasqua, qui vont se retrouver impliqués dans une malédiction berbère qui prend sa source dans un puits au cœur des catacombes.

Hante Voltige se lit comme un thriller fantastique, avec les aspects historiques d’une France sans Internet ni téléphones portables et les mystères d’une confrérie de gardiens mystiques berbères qui veillent sur une créature redoutable, Tout ceci se croise allègrement au fil des pages et ce qui semble être un fatras d’idées multiples finit par retomber en place comme un puzzle.

J’ai plutôt bien aimé ce roman; il a un petit côté « roman de gare » – un peu comme tous les textes de la collection Les Saison de l’Étrange, en fait – qui est loin d’être désagréable. C’est plein de coïncidences semi-foireuses, de personnages stéréotypés-mais-pas-trop et d’un mélange entre idées originales et clichés décomplexés.

Ce qui m’a surtout frappé, c’est à quel point son intrigue et, surtout, son contexte, renvoie un écho dérangeant avec notre propre époque. Même rage d’une jeunesse qui voit son avenir bradé par des politiques au mieux incompétents, au pire sans scrupule, même peur d’une police ultraviolente, raciste et qui jouit d’une impunité quasi-totale.

De même que la science-fiction parle plus souvent du présent que de l’avenir, Nelly Chadour prouve – si besoin était – que l’on peut aussi faire du fantastique « historique » (1986, c’est déjà à plus d’une génération de notre époque) et pour autant parler d’aujourd’hui.

Hormis cet aspect « militant » – qui n’était peut-être pas voulu, non plus – Hante Voltige est un thriller fantastique très sympathique, avec tous les ingrédients du page-turner et une écriture nerveuse. Et, en prime, un épilogue qui annonce une suite, ce qui explique sans doute son sous-titre « Paris est une bête ».

Son seul défaut majeur est peut-être son titre. Même moi, je trouve que c’est abusé, comme jeu de mot!

D’autres avis chez Les Chroniques du chroniqueur et Managarm.

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