Hearts of Iron IV sur YouTube: l’uchronie en spectateur

J’ai longtemps affirmé que je publiais plus de vidéos que je n’en regardais. C’est de moins en moins le cas, si l’on en juge par ma récente boulimie pour les vidéos sur Hearts of Iron IV. Des fois, je m’étonne moi-même.

Pour ceux qui ne connaissent pas Hearts of Iron IV, c’est le dernier-né d’une franchise de jeux, signés Paradox, sur la Deuxième Guerre mondiale. Plus généralement, sur la décennie entre 1936 et 1946 (voire plus, si affinités).

C’est un jeu vidéo, dit de grande stratégie, qui permet de prendre les commandes d’un pays et de gérer son économie, sa politique, sa diplomatie et, bien évidemment, son armée (plus, récemment, son espionnage). Vous pouvez lire l’article que je lui avais consacré il y a quelques temps.

C’est surtout un jeu qui demande un certain investissement en temps. Perso, j’ai ai joué plus de 1 100 heures. Ouais, quand même. Là, j’ai un peu l’impression d’en avoir fait le tour, donc je n’y ai plus trop retouché, malgré la sortie récente du dernier DLC en date, Battle for the Bosphorus.

Par contre, le hasard a voulu que je tombe sur une vidéo réalisée par un streamer français. Et là, c’est l’engrenage: je me retrouve avec quatre de ces streamers – un francophone et trois anglophones – dans mes abonnements vidéos.

Globalement, ces vidéastes proposent deux types de vidéos: des guides sur un ou plusieurs achievements, ou des épisodes plus longs sur un pays – ou, pour être plus précis, sur une des pistes d’évolution d’un pays: France napoléonienne, Allemagne démocratique, Mexique trotskyste, etc.

Le premier que j’ai découvert, qui est également le seul francophone que je suis, c’est Over, du duo The Overmoon Project. Pour le moment, je l’ai vu plus faire des séries longues, sur un seul pays. J’ai commencé sur « Une Certaine idée de la France », puis j’ai enchaîné sur « L’Anarchie vaincra ! » et enfin « Un Destin byzantin ».

À la suite, j’ai découvert trois chroniqueurs anglophones: Taureor, Bitt3rSteel et FeedBackGaming. Ces trois sont plus orientés vers les achievements, des épisodes uniques entre vint et cinquante minutes. Les trois ont leur style bien à eux. Taureor et Bitt3rSteel, c’est « l’école sérieuse »: des tutoriels bien carrés qui démontrent (et, souvent, démontent) les mécaniques du jeu. Le premier a d’ailleurs un côté très professoral.

FeedBackGaming, lui, est plus dans l’exploitation éhontée des failles du jeu. Sa réponse au défi des développeurs sur la Guerre civile espagnole est d’anthologie. C’est aussi un anglais pur sauce à la menthe et il a tendance à parler très vite; même moi, qui pratique l’anglais professionnellement depuis plus de vingt-cinq ans, j’ai parfois du mal à le comprendre.

Clairement, ces vidéos sont prévues pour des gens qui connaissent Hearts of Iron IV; si on n’a jamais joué au jeu, l’intérêt est très limité. Elles sont intéressantes dans ce qu’elles montrent des mécaniques du jeu – l’interaction entre les aspects politiques et militaires, notamment.

Elles en montrent aussi les limites. Taureor et FeedBackGaming, notamment, sont passés maîtres dans l’art et la manière de casser le jeu. Je citerais notamment la technique du « Order 66 », qui consiste à profiter d’un droit d’accès militaire à un pays pour laisser des troupes chez lui avant de lui déclarer la guerre. Ou le « Shadow Puppetting », qui permet d’empêcher les autres nations de réclamer des territoires pendant les conférences de paix.

Au final, ce sont des vidéos plutôt distrayantes et intéressantes. Distrayantes dans leur côté uchronique – et aussi pour l’aspect complètement pétés de certaines techniques – et intéressantes pour l’aspect technique et tactique. Mais elles ont tendance à montrer un style de jeu qu’à titre personnel, je ne trouve pas très intéressant.

Certes, Hearts of Iron IV est un jeu exigeant et où il est souvent vital d’optimiser au maximum. Le souci, c’est que j’ai rapidement l’impression de voir toujours les mêmes tactiques mises en place: quasiment que de l’infanterie et de l’artillerie, éventuellement de la cavalerie pour déborder l’adversaire. Ça manque de variété.

Il y a un côté spectator sport à ces vidéos. C’est de la performance et du spectacle avant tout et c’est souvent très instructif. Après, j’ai un peu l’impression que ça a cassé mon envie de jouer à Hearts of Iron IV. Bon, pour être très honnête, ça fait plusieurs mois que je n’y joue plus, non plus. Depuis que Crusader Kings III est sorti, en fait…

(Image d’illustration: montage à partir de copies d’écran depuis YouTube.)

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2 réflexions au sujet de “Hearts of Iron IV sur YouTube: l’uchronie en spectateur”

  1. Je me suis toujours refusé à céder aux avances de cette licence, aussi réussie soit-elle sinon ça risque d’être un cas de divorce…Mais un jour je sens que je vais craquer ! Heureusement encore qu’ils n’ont pas fait de déclinaison sur certaines plateformes..

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