Last Scattering: Eidolon

Last Scattering: Eidolon

Recommandé par Clair et Obscur, j’avoue que l’album Eidolon des Canadiens de Last Scattering m’a surtout tapé dans l’œil pour son titre, me rappelant le Tryptique Milkweed. La musique y étant proposé étant une forme très chaotique de death-metal progressif, ça a effectivement des accents d’invocation en énochien.

Par « chaotique », j’entends que la musique rappelle beaucoup des groupes comme Unexpect, avec des alternances de passages très mélodiques (« The Construct ») et des avalanches de sons dominés par un chant très variable parfois hurlé, parfois growlé, parfois chanté en clair comme une invocation impie.

Et, par « progressif », j’entends que, si l’album propose huit morceaux, il fait plus d’une heure, avec deux pistes dépassant les dix minutes et trois autres qui s’en approchent. Et ce n’est pas juste pour l’esbrouffe (OK, un peu aussi): les morceaux de Eidolon sont des constructions incroyablement tarabiscotées.

Je vais être honnête: je n’ai pas vraiment apprécié cet album, mais ce n’est pas forcément à cause de défauts techniques rédhibitoires. C’est surtout que la musique de Last Scattering correspond assez bien à ce nom: ça s’éparpille dans tous les sens et, si j’aime bien les groupes qui sortent des sentiers battus, je suis moins enthousiaste pour ceux qui font du hors-piste avec un tank mutant abreuvé au nitrométhane.

Je dois néanmoins reconnaître qu’au milieu du chaos généralisé, il se dégage un nombre impressionnant de pépites musicales, des trucs qui tapent juste, vite et fort. Les petits gars de Last Scattering ont l’air de lien un goût prononcé pour les compositions complexes, avec souvent des mélodies d’autant plus surprenantes qu’elles surgissent de nulle part.

Mais il faut les chercher et, si on n’a pas l’esprit aventureux, on risque assez vite de se recroqueviller en position fœtale sous son bureau, à écouter du Enya en attendant que la crise d’épilepsie soit passée.

Eidolon, c’est un peu comme de faire des montagnes russes dans le noir avec un groupe de punks bourrés qui ont décidé que vous étiez leur sac de frappe préféré: ça va bouger dans tous les sens, vous allez vous en prendre plein la tronche de façon complètement aléatoire, mais, d’une certaine manière, c’est très impressionnant, voire plutôt cool. Si on survit.

Et puis bon, faire un morceau de dix-huit minutes à la gloire de Matt Damon, ce n’est pas donné à tout le monde.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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