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Lazuli: Tant que l’herbe est grasse

Il y a des groupes que l’on retrouve, d’album en album, comme on retrouve un vieil ami. Lazuli est de ceux-ci et, trente secondes après avoir lancé Tant que l’herbe est grasse, je me prenais à sourire en pensant que ça faisait longtemps – trop longtemps – qu’on ne s’était plus croisé.

Pourtant, quand j’y pense, Lazuli est théoriquement le genre de groupe que je ne peux pas aimer: d’abord, ils chantent en français, et ensuite avec des textes poético-engagés. À peu près tout ce que je déteste et pourtant, je suis fan.

Je soupçonne qu’ils génèrent un champ de distorsion de la réalité propre à concurrencer celui de feu Steve Jobs et que toute personne qui les a vu ne serait-ce qu’une seule fois en concert ne peut que les aimer. Et puis il faut dire que leurs textes sont juste fabuleux.

Cela dit, Lazuli, c’est quand même un putain de bon groupe de rock progressif, dont la musique allie la complexité et la précision du genre avec un feeling world music et une patate peu commune. Même si, dans cet album, c’est peut-être moins évident que dans certains des précédents. La faute au format, plus court? Tant que l’herbe est grasse ne fait que quarante-deux minutes pour neuf pistes, dont la plus longue n’atteint pas les sept minutes.

L’album aligne les hits potentiels et indéniables: “Déraille”, “L’essence des odyssées”, “Multicolère” et le formidable “J’ai trouvé ta faille” – où le grand Fish vient chanter en invité – sont des morceaux d’anthologie, à n’en pas douter, mais je trouve qu’il manque à cet album une dimension épique, apportée précédemment par “La belle noirceur” ou “Les malveillants”.

Je n’irais pas jusqu’à dire que Lazuli joue ici la carte de la facilité, mais je ne retrouve pas dans cet album l’impression d’excellence que j’avais retirée de 4603 battements. Il n’est pas mauvais ni même médiocre; juste moins bon. Ce qui constitue une déception pour le fan que je suis, mais qui n’ôte rien aux qualités intrinsèques de cet album.

De toute façon, Tant que l’herbe est grasse est indispensable, parce que Lazuli. En bonus, le morceau “Déraille”, qui ouvre l’album de fort brillante manière:

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