Leprous: Malina

Leprous: Malina

Dans un commentaire sur le billet de samedi, je mentionnais que ma liste de lecture musicale comportait trois monstres: en plus d’Eva Can’t et d’In Tormentata Quiete, il y avait Malina, le nouvel album de Leprous.

Pour être très honnête, cela fait un moment qu’il est dans cette liste. Je me le suis gardé « pour la fin », d’une part par gourmandise et, d’autre part, parce qu’il n’est pas super-facile à chroniquer.

Leprous, pour ceux qui ne les connaissent pas, est un groupe norvégien qui a longtemps été classé dans le metal progressif, mais qui aujourd’hui est plus progressif que metal, à l’avant-garde du prog avec des groupes comme Haken.

Malina – ou { Malina }, pour respecter la graphie du titre – est même un album qui, a mon avis, flirte avec le pop-rock de par son accessibilité. Si j’avais l’esprit taquin – vous me connaissez, ce n’est pas mon genre… – je dirais qu ça ressemble à ce que ferait Muse si ces derniers étaient plus prog.

Les douze pistes de Malina sont plutôt courtes – pas d’epic kilométrique à l’horizon – pour un poil plus d’une heure. Si elles présentent une structure complexe, elles se caractérisent également par une grande accessibilité et une part belle aux mélodies, dominées par le chant si particulier d’Einar Solberg.

Les plus prog-snobs leur reprocheront peut-être cette simplification du propos, qui éloigne Leprous de ses précédents albums, mais objectivement, j’ai du mal à trouver dans ce Malina quelque chose qui ressemble à un renoncement. Leprous a juste enrobé son identité dans une interface musicale plus accessible, en plus d’une production chirurgicale, qui rend parfois clair comme du cristal des arrangements qui ne le sont pas au premier abord.

Ça ne les empêche pas d’incorporer à leurs compositions des éléments inhabituels, comme les touches d’électro sur « Bonneville », « Illuminate » ou « Coma », ou des passages acoustiques au violon sur le crépusculaire « The Last Milestone ». Ceci en plus de leurs morceaux plus traditionnels, comme « Stuck » ou « The Weight of Disaster ».

Je suppose que pour les fans de Leprous de la première heure, ce Malina a de quoi surprendre par son « virage mainstream« . Sauf que, de mon point de vue, le virage apparaît comme une évolution sur les cinq dernières années – et qu’utiliser le terme « mainstream » pour leur musique montre une méconnaissance profonde de ce qu’est le mainstream.

Personnellement, je trouve une blinde de qualités à cet album, en regard desquelles un « oui mais ce n’est pas très prog » ne pèse pas lourd (et est probablement une grossière exagération). Leprous reste à l’avant-garde du rock progressif et, si ça passe par une musique plus accessible au commun des mortels, je ne vais pas me plaindre.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. JC dit :

    On s’en fou de prog ou pas en fait, cet album est juste magnifique

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