Obsidian Kingdom: A Year with No Summer

Obsidian Kingdom: A Year With No Summer

Lors de ma chronique de leur précédent album, Mantiis, j’avais parlé d’Obsidian Kingdom comme d’un groupe capable d’incorporer à sa musique de multiples influences, du post-rock à l’électro, en passant par le death-metal. A Year with No Summer, leur nouvel album, confirme et amplifie cette tendance.

Originaire de Barcelone, Obsidian Kingdom est un groupe qui prouve, une fois de plus, que le black-metal mène à tout, à condition d’en sortir: leur musique se rapproche désormais plus du post-metal, mais avec des touches de métal progressif, d’électro, de rock alternatif et d’autres.

C’est une musique faite d’ambiances planantes traversées par des fulgurances de rage et de violence: la voix se fait tour à tour narratrice désabusée et hurleuse, les guitares passent soudainement en mode disto de combat et la rythmique traverse l’ensemble comme pour marquer un destin inéluctable.

A Year with No Summer est un album plutôt court: un peu plus de quarante-deux minutes, divisé en sept pistes, qui parfois dépassent les sept, voire les dix minutes. C’est un tout – une entité, même. Pas forcément un concept-album, mais plus une somme d’ambiances coagulées en un ensemble très cohérent.

C’est la grande force de cet album: là où j’avais trouvé Mantiis un peu décousu, à force de piocher des influences à gauche et à droite, A Year with No Summer est bien plus maîtrisé, avec certes des passages forts, mais sans cette impression de coq à l’âne.

Le morceau-titre, qui ouvre l’album, est emblématique de cette direction. La tension y est palpable, se traduisant par un déchaînement d’agressivité, mais sans jamais résoudre la question. Et, d’ailleurs, jusqu’à la fin de « Away/Absent », dernière piste de l’album, cette tension restera présente.

Par la suite, on a droit à des plages plus calmes, comme « 10th April » et sa subtile narration (avec un bon gros jeu de mot moisi) ou « The Polyarnik », à côté de passages plus énervés comme le long voyage de « The Kandinsky Group » et ses dix minutes à l’instrumental torturé.

On retrouve aux commandes des techniciens originaires de groupes avant-gardistes, comme Ulver ou Sunn O))), qui permettent aux musiciens d’Obsidian Kingdom de révéler l’entièreté de leur talent.

Même si je n’aime pas tout – « Darkness » est un poil trop répétitif, à mon goût – A Year with No Summer est un excellent album, entre post-metal et rock alternatif; il est accessible, complexe et subtil. Et si Obsidian Kingdom a abandonné son « download manifesto », il continue de proposer ses albums sur Bandcamp: gratuit à l’écoute, €7 au téléchargement, autant dire que c’est donné!

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. J’ai jamais vraiment accroché aux productions du groupe. Faudrait que j’essaye de réécouter, tiens !

    • Alias dit :

      C’est assez typiquement le genre de mélange que je peux aimer, mais je t’accorde que ce n’est pas du goût de tout le monde.

      Du coup, je me tâte pour aller les voir en première partie de Shining et Intronaut, plus tard dans l’été.

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