Publicist / Maserati à Lausanne

Les concerts un dimanche soir, c’est une mauvaise idée ; les concerts à Lausanne un dimanche soir, c’est une très mauvaise idée. Certes, mais les concerts de Maserati, c’est une excellente idée !

Vous vous souviendrez peut-être que, lorsque j’avais chroniqué Pyramid of the Sun, j’avais déjà mentionné un article de Luz dans Charlie-hebdo sur un concert de Maserati à Lausanne. Cette fois-ci, j’étais bien décidé de ne pas le rater, dimanche soir ou pas. Le Alias a ses lubies que la raison ignore, ou quelque chose comme ça.

Bref, me voici parti pour le Théâtre 2.21, quelque part dans le nord de Lausanne, un lieu bizarre qui ressemble à une vieille usine, mais plutôt accueillant, proposant même en guise de dîner un excellent buffet à prix libre et un bar avec des bières artisanales. Tout ce qu’il faut pour me mettre de bonne humeur.

C’est une foule modérément fournie (au pif, je dirais 150 personnes) qui accueille Publicist, que j’ai du mal à définir comme un groupe ; en fait, « concept » est le terme qui s’approche le plus de l’expérience, puisqu’on a un batteur (Sebastian Thomson), tout seul, qui fait de l’électro à l’aide d’un sampler et d’un vocoder.

En fait, c’est une illustration extrême du syndrome du musicien fantôme, avec le twist amusant que si, d’habitude, c’est le batteur qui est absent, il est ici le seul musicien présent. Cela dit, dans le cas présent, ça colle plutôt bien avec l’ambiance : éclairage minimaliste (merci pour les photos !), musique électro répétitive, mais soutenu par un martèlement continu de la batterie.

Je crois qu’au cours des quarante-cinq minutes de cette performance, le musicien a dû s’arrêter de tabasser ses fûts pendant dix secondes, maxi. Ce n’est pas trop mon truc, mais la performance est impressionnante et ça a le mérite de bien chauffer la salle.

À dix heures pile, Maserati lance les feux et on sent déjà une certaine proximité thématique dans la disposition de la scène : la batterie est front and center, bien en vue. Et, quand on voit le batteur s’échiner, on comprend rapidement qui est le patron dans le groupe.

De façon générale, le post-rock est un genre musical qui tabasse pas mal ; Maserati tabasse plus que pas mal. C’est du gros son atomique, avec retour aux fondamentaux et ouverture en grand des vannes à décibel. Seule concession à la modernité : des pistes de clavier pré-enregistrées. Mais si le dernier album, VII, donnait dans l’influence Tangerine Dream, celle-ci est passablement noyée dans le déferlement.

Par rapport à un Long Distance Calling vu précédemment, Maserati, c’est nettement plus brut de décoffrage. Et, surtout, la mise en avant scénique et sonore du batteur – ainsi que l’aspect exclusivement instrumental des compositions – amène au groupe une beaucoup plus grosse puissance. Ça n’empêche pas quelque subtilités, comme un « Inventions » amené de manière grandiose, mais de façon générale, la subtilité n’est pas trop le propos du groupe.

J’avoue par contre avoir dû quitter la salle avant la fin, au milieu du premier rappel, pour cause de train à prendre ; je n’ai donc pu voir qu’une petite heure et demie du concert, mais ça reste quand même un grand moment.

Vous pouvez trouver mes habituelles photos méso-pourrites (la qualité de l’appareil peinant à compenser mon propre amateurisme et des conditions peu optimales, avec très peu de lumière et des musiciens qui bougent beaucoup) sur Flickr.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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