Le reste du premier samedi – Decipher: Intuition

Decipher: Intuition

Pour ce premier samedi de 2018, je vous propose un “reste du samedi” en solo, avec pour thème Alias et ses relations d’amour-haine, exemple numéro [beaucoup]: le djent. Illustration: Intuition, court album – limite EP – du groupe de metal progressif luxembourgeois Decipher. J’aurais vraiment voulu aimer cet album, recommandé par Clair & Obscur, et il s’en est fallu de peu.

Cleaver of the Mist: Sanctuary

Cleaver of the Mist: Sanctuary

J’ai un beauf de bon conseil. Bon, avant qu’il ne devienne de la famille, Fulgan était déjà un bon pote – ça n’a pas changé depuis – et on se retrouvait sur pas mal de trucs, notamment musicaux. Du coup, quand il m’a parlé de Cleaver of the Mist, groupe français de metalcore, je suis allé y jeter une oreille. L’EP Sanctuary a été acheté dans la foulée.

Last Scattering: Eidolon

Last Scattering: Eidolon

Recommandé par Clair et Obscur, j’avoue que l’album Eidolon des Canadiens de Last Scattering m’a surtout tapé dans l’œil pour son titre, me rappelant le Tryptique Milkweed. La musique y étant proposé étant une forme très chaotique de death-metal progressif, ça a effectivement des accents d’invocation en énochien.

Parlez-vous death metal?

Je crois que c’est un exploit: on a trouvé plus prétentieux que le rock progressif. Je suis tombé, via Boing Boing, sur un article du blog Invisible Oranges intitulé Death Metal English, qui explique les différences fondamentales entre l’anglais traditionnel et celui des paroliers de death metal.

Autre exploit redevable à cet article: on a trouvé une utilité à la touche Caps Lock, car LES PAROLES DE DEATH METAL SONT TOUJOURS EN MAJUSCULES. Parce que. Ok, aussi parce que ça reflète assez bien le style de chant growl.

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The Ocean: Pelagial

J’ai quelque peu hésité avant d’acheter le nouvel album de The Ocean, intitulé Pelagial. Non pas que mes expériences précédentes avec ce groupe de post-métal allemand (avec des vrais morceaux de Suisse dedans) aient été mauvaises, mais ça me paraissait un peu bizarre.

Finntroll: Blodsvept

Ça va peut-être vous surprendre, mais Finntroll, je découvre. Ce Blodsvept, qui est leur dernier album en date, c’est le premier que j’achète. Pour ceux qui ne connaissent pas, Finntroll a un nom qui a la tête de l’emploi, vu que ce sont des métaleux finlandais dont la musique donne dans le festif à tendance folkoïde.

En gros, ça m’a rappelé d’autres groupes nordiques que je connais (enfin, que je connais mieux), comme Korpiklaani ou Diablo Swing Orchestra: c’est certes du métal, de la variante à growl, mais joué sur des thèmes de bal-musette ou de fête foraine.

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Loch Vostok: V: The Doctrine Decoded

Il y a métal progressif et métal progressif. La variante que proposent les Suédois de Loch Vostok avec leur nouvel album, V: The Doctrine Decoded, est du genre brutal: plus proche des standards du death métal que du Genesis des familles (j’allais parler de Pink Floyd avant de me rappeler qu’un groupe comme Enslaved s’en inspirait un peu trop pour que la métaphore tienne la route).

Ce n’est pas vraiment une surprise et ceux qui se souviennent de Reveal No Secrets, leur presque-précédent opus (j’ai raté Dystopium, sorti en 2011), noteront qu’on reste dans cette ligne: un métal progressif, certes, mais surtout puissant, brutal, avec du growl, du sang et des larmes. La bonne nouvelle – enfin, l’autre bonne nouvelle, c’est que la production est largement supérieure.

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Obsidian Kingdom: Mantiis

Même si mon blog est loin d’attirer les grandes foules, il m’arrive de recevoir dans mon courrier des nouveaux albums en service de presse. C’est le cas de ce Mantiis, du groupe espagnol – enfin, je suppose plutôt catalan, vu qu’ils sont de Barcelone – Obsidian Kingdom.

Si le groupe se définit comme du post-métal, je le trouve assez éloigné de ce que je considère comme les standards du genre (Isis ou Pelican, par exemple) et plus proche du métal progressif. De mon point de vue, c’est une bonne nouvelle: avec tous les récents albums de rock atmosphérique que j’ai chroniqué ces derniers temps, je commençais à m’endormir. Avec Obsidian Kingdom, le risque est à peu près nul.

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Negură Bunget: Vîrstele Pămîntului

Vous allez finir par croire que je fais une fixation sur les groupes de métal abscons de provenance exotique et la vérité n’est sans doute pas très loin: Negură Bunget est un groupe qui m’a sérieusement tapé dans l’oreille et leur dernier album studio en date, Vîrstele Pămîntului, est dans la continuité de Om, précédemment chroniqué ici même.

Alors certes, on pourra chouiner – comme beaucoup de chroniqueurs – sur le fait que la surprise est passée et que Vîrstele Pămîntului n’est pas le chef-d’œuvre qu’est Om. “On” pourra; moi pas: à mon avis, cet album confirme autant qu’il affirme le style de Negură Bunget, ce mélange entre un pagan-folk sombre et un black métal brutal, le tout entrecoupé d’ambiances planantes lumineuses, à l’image d’une promenade dans la “forêt brumeuse”, traduction littérale du nom du groupe.

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Chaos Divine: The Human Connection

Je ne sais pas si c’est parce qu’ils sont australiens, mais, avec leur nouvel album The Human Connection, les cinq chevelus de Chaos Divine sont très doués pour faire de la musique qui met la tête à l’envers. Découvert grâce aux bons soins de Denis, de Progressive Area, ce groupe produit un métal progressif très enthousiasmant, puissant, parfois brutal, bourré d’énergie et, sans être un parangon d’originalité, truffé de petites trouvailles qui font bien.

Mélange de vocaux clairs et growlés, de métal progressif bien tarabiscoté et de mélodies extrêmement accrocheuses, The Human Connection, derrière une fort belle pochette, est une de ces bonnes surprises venues de nulle part (c’est dans la banlieue de Perth). Il y en a vraiment pour tous les goûts: les amateurs de métal mélodique, comme les fans de progressif qui ne rechignent pas sur le brutal, à mi-chemin entre Opeth et Dream Theater.

Ce qui est surtout frappant avec Chaos Divine, c’est qu’ils ne font pas semblant: quand ça growle, ça hurle méchant (“Invert Evolution” par exemple); quand ça donne dans le métal progressif acrobatique (“At the Ringing of the Siren” ou “No Road Home (Solastalgia)”), ça voltige dans tous les sens; et quand ça fait dans le mélodique (comme sur “Chasing Shadows” ou “Silence”, dont le refrain rappelle curieusement Enchant, groupe de néo-prog US), les anciens maîtres du hard-FM peuvent s’accrocher à leurs arpèges.

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Dreamshade: What Silence Hides

Si j’en juge par sa production musicale de ces dernières années, j’ai l’impression que la Suisse est en train de perdre ses dernières inhibitions face au reste du monde, témoin Dreamshade et son nouvel album, What Silence Hides. Dans le genre death-metal mélodico-progressif, les p’tits jeunes de Lugano font très fort; Scandinaves et Teutons (sans parler des Grecs) n’ont qu’à bien se tenir!

 

Amorphis: Skyforger

Jolie claque métal que ce Skyforger d’Amorphis, découvert grâce une fois encore à La Citadelle: une grosse dose de métal progressif énervé, un soupçon de folk-métal viking, quelques pincées de symphonique assaisonné de growl, servez chaud! Je ne sais pas ce que valent les autres albums de ce groupe finlandais. qui écume les scènes depuis plus de vingt ans maintenant, mais cet album tient beaucoup de la démonstration; à ce stade, ce n’est pas que la Finlande, c’est l’autre pays du métal, mais plutôt que le reste du monde fait aussi du métal…

Décidément, je me dis que j’ai le chic pour choper des candidats au titre d’album de l’année qui datent tous d’un ou deux ans en arrière: Skyforger est également un album de 2009, qui aura décidément été encore plus riche que je ne le pensais. Mais que ça ne vous empêche pas d’y jeter un peu plus qu’une oreille: avec son air de ne pas y toucher (la pochette est jolie, mais fait plus black/doom/post-rock), c’est un bon gros morceau de métal enthousiasmant. un peu à la manière d’un Katatonia ou d’un Anathema qui aurait fait une surdose de caféine.

Difficile de mettre en avant un seul morceau, tant les compositions sont solides: “Sanpo”, qui ouvre l’album, donne tout de suite le ton progressif, de même que “Silver Bride”; “From the Heaven of my Heart” est plus classique, dans le style ballade (ballade growlée, mais ballade quand même) et “Sky Is Mine” est également dans un métal plus classique, avec un riff imparable. Allez, j’avoue être moins enthousiasmé par “Majestic Beast”, mais c’est surtout à cause de l’intro growl, ainsi que par “My Sun”, qui est un peu plan-plan.

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Lugburz: Songs from Forgotten Lands

Parfois, les classifications du métal, c’est bizarre. Prenez par exemple Lugburz (attention! site MySpace qui pique les yeux; je ne plaisante pas) et son album Songs from Forgotten Lands: vendu comme un groupe de death-metal, avec l’imagerie nazgûl qui va bien, le groupe espagnol propose plutôt une musique sombre et folk/ambiente. La seule touche réellement death est les vocaux growlés sur certains morceaux (“Morgul’s Night” ou “Towards the Fields of Pelennor”).

Pour le reste, l’album propose une grande majorité de morceaux instrumentaux et plutôt calmes, plus portés sur l’atmosphère que sur l’énergie pure. S’il y a quelques pistes plus rythmées, comme “Riders of Rohan” ou “Towards the Fields of Pelennor”, on est pas vraiment dans le domaine de la grosse guitare et de la double batterie en folie.

Lugburz, c’est un peu Dead Can Dance dans les Terres du Milieu, avec bruits d’épées et grognements en prime. C’est bien fait, ça met tout de suite dans l’ambiance pour n’importe quelle partie de jeu de rôle med-fan, mais ce n’est hélas pas très original. À un point tel que ça parvient même à me rappeler le Middle-Earth de Bob Catley (voix du groupe Magnum), alors qu’à part le thème, il n’y a pas vraiment de points communs (sinon que c’est également un album très bien fait mais pas très original).

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Opeth: Watershed

Opeth et moi, on n’est pas copains. J’avais déjà fait quelques essais et leur dernier album Watershed est là pour me le rappeler, hélas. “Hélas”, parce que ce groupe a techniquement tout pour devenir un de mes préférés: un métal progressif très technique, très léché et très bien foutu, avec des compositions faisant montre d’une …

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Loch Vostok: Reveal No Secrets

Je crois que je suis en train de développer une accoutumance au growl (mais pas une addiction, heureusement). Je ne vois pas d’autre explication au fait que j’arrive à apprécier un album comme Reveal No Secrets, de Loch Vostok.

Loch Vostok est un groupe suédois qui est labelisé “métal progressif”, mais qui emprunte également à des genres tels que le death metal (le growl, justement) et le power metal. Troisième album du groupe, Reveal No Secrets emprunte également au genre trop répandu de l’album de métal produit avec les pieds, ce qui est assez gênant.

Autant j’aurais pu pardonner s’il s’agissait d’un premier effort, autant là je m’inquiète un peu: sans être un désastre complet, le son est très plat avec des claviers qui surnagent. On a un peu l’impression que les claviers ont été montés au maximum, car inaudibles autrement, ou alors carrément rajoutés a posteriori.

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Isis: Wavering Radiant

Isis est un groupe bizarre. Enfin, pour être plus précis, mon intérêt pour ce groupe est bizarre: certes, c’est du post-rock comme j’aime, mais du genre à se complaire dans les vocaux gutturaux que je déteste. Le dernier album, Wavering Radiant est typique de cette tendance, ce qui n’est pas exactement fait pour me réjouir.

Enslaved: Vertebrae

Ce n’est pas tous les jours que j’achète un album de death metal, comme le Vertebrae de Enslaved ; c’est déjà arrivé, mais c’est rare et, souvent, je le regrette. Dans le cas présent, l’album m’avait été chaudement recommandé par un forumiste, qui avait cité des influences Pink Floyd.

Certes, il y en a. Mais pas que : on y entend certes des sonorités dignes des groupes de prog psychédélique des années 1970, tels justement les flamants roses en question, mais aussi des grosses ambiances post-rock à base de plages de guitares. Il y a également pas mal de grognements borborygmiques, qui personnellement m’agacent, mais qui ici restent discrets (pas comme Opeth, pour donner un nom au hasard).

Au final, Vertebrae est une expérience intéressante, à la frontière entre plusieurs styles, sans être révolutionnaire ou renversante. J’avais lu quelque part la théorie comme quoi les groupes de gros métal qui tache, genre death ou thrash, se transformaient peu à peu en groupes de prog-métal une fois qu’ils avaient fait le tour de la question. Théorie tentante, surtout à l’ouï de cet album (mais probablement fausse).

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Isis: In the Absence of Truth

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai l’impression que, toutes les décennies (à l’instar des clowns du métal dont je parlais précédemment), on nous annonce la mort du rock. En général, ce genre d’annonce passe par l’arrivée d’un nouveau courant musical, plus ou moins éphémère, mais massivement médiatisé.

Dans le cas d’Isis, le courant en question s’appelle “post-rock”. Je soupçonne que ça veut dire qu’ils sont allés tellement loin qu’ils sont ressortis de l’autre côté. Ne cherchez pas, c’est un concept!