“Rue des Maléfices”, de Jacques Yonnet

C’est l’ami Loris qui, lors de notre dernier périple parisien, m’a passé Rue des Maléfices, unique livre de Jacques Yonnet. Pendant un petit mois, l’ouvrage a traîné sur mes étagères, où je lui jetais de temps à autre un œil torve, rendu méfiant par sa couverture pour roman noir de bas étage.

J’ai sans doute fait dans ma vie de plus grosses erreurs de jugement, mais je préfère ne pas m’en souvenir.

Car une fois ouvert, ce bouquin m’a happé en trois pages, guère plus. Entraîné dans un univers aussi exotique que familier: Paris. Oh, pas le Paris de ce début de IIIe millénaire, mais celui du milieu du XXe siècle, entre 1940 et 1966. Un Paris décrit par un amoureux de la ville qui, par nécessité autant que par curiosité, se retrouve à en explorer les quartiers populaires avec tout ce qu’il compte de mystères et de fantastique.

Tudieu quel voyage et quelle claque! On croirait un livre écrit par le père spirituel de Nicolas Bouvier, Jacques Bergier et Louis Pauwels: on y retrouve cette verve descriptive à la première personne et ses paysages et personnages si authentiques et pourtant si bizarres du premier et les pointes du réalisme fantastique des seconds (auteurs du Matin des Magiciens).

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Salon POP’Up 2010

Salon POP'up 2010

Pour ceux qui ont lu la note-express d’hier, Isa et moi avions pris l’excuse du Salon POP’up pour ce petit week-end à Paris – qui aurait pu être en amoureux si on avait eu cinq minutes à nous. En même temps, ce n’était pas non plus le but. Bref, le salon en question. Si j’ai bien compris l’idée, il s’agissait d’un salon de la pop-culture indépendante: musique, mode, illustration, jeux, etc. Une manière moins élégante – mais suffisamment juste pour que la comm’ du salon la reprenne – d’en parler est “un Marché de Noël pour les geeks”.

Conventions: fin de saison

Plus que deux! Encore deux conventions avant la fin de l’année: la 5e Fantastique.Convention qui se tiendra les 27 et 28 novembre à Court-Saint-Étienne, près de Louvain, en Belgique et le premier Salon POP’up de la pop-culture indépendante, à Paris, le 11 décembre. C’est pas que c’est une corvée, mais ça commence à faire beaucoup de …

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Les extraordinaires aventures d’Adèle Blanc-Sec

Adèle Blanc-Sec, journaliste parisienne au caractère impétueux, se lance en ce début du XXe siècle dans une quête pour redonner vie à sa jumelle, réduite à l’état de légume après un malencontreux accident de tennis impliquant une aiguille à chapeau. Pour cela, elle se rend en Égypte (alors que son éditeur la croit au Pérou) pour récupérer la momie du médecin personnel de Ramsès II, qu’un scientifique de ses amis pourrait arriver à ramener à la vie.

Oui, je sais, dit comme ça, ça vous pourrit un peu l’histoire du film, mais d’une part je ne raconte pas tout et, en plus, Luc Besson, pour une fois réalisateur et non seulement producteur du film, semble être parti du principe que l’histoire, c’est juste une excuse pour filmer des bêtises. Un peu comme d’habitude avec Luc Besson, quoi. Le résultat, c’est ce que ces Extraordinaires aventures d’Adèle Blanc-Sec est un film spectaculairement foutraque, qui part dans tous les sens, avec un Besson un roue libre.

Par “foutraque”, j’entends, par exemple, qu’il faut un bon quart d’heure pour voir apparaître l’actrice principale – au point qu’on se demande si ce n’est pas le ptérodactyle, dont les exploits occupent ce premier quart d’heure, le héros du film. Et qu’ensuite, la trame se perd régulièrement dans des scènes amusantes, certes, mais accessoires. C’est clairement le gros défaut du film et, paradoxalement, ce qui fait un peu de son charme. Un film américain aurait certainement torché les scènes accessoires en trente secondes et aurait mis à la place des bagarres épiques de dix minutes.

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Monsieur et madame Alias vont à la Japan Expo

Isa et moi-même, profitant d’une de nos trop rares périodes de vacances en commun, avons décidé d’aller à Paris pour participer à la Japan Expo.

Comment ai-je pu croire que c’était une bonne idée ?

Pour être plus précis, il n’y a rien de tel qu’un événement comme celui-ci pour me rappeler – brutalement – que je ne suis pas un aussi grand otaku que je le prétend.

J’aime bien les animes, je lis quelques mangas (une demi-douzaine de titres au maximum) et j’ai un intérêt modéré pour la culture japonaise, mais je me fiche des goodies et je n’aime ni le cosplay, ni la j-pop, ni la mode gothic lolita (conseil : si vous êtes dans mon cas et que l’on vous dit « mais tu aurais l’air si mignon en tenue de soubrette », répondez « il n’y en avait pas à ma taille » ; enfin, pour moi, ça marche…).

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“La chambre mortuaire”, de Jean-Luc Bizien

Je me dois d’avouer en préambule que c’est mon rôliste intérieur qui m’a fait prendre La chambre mortuaire au kiosque de la Gare de Lyon. En effet, ce roman policier est signé Jean-Luc Bizien, auteur d’Hurlements, entre autres.

Bonne pioche! Sans être un chef-d’œuvre, c’est une lecture plaisante, principalement pour son ambiance. L’histoire suit une jeune anglaise, Sarah Englewood, qui est engagée par Simon Bloomberg, aliéniste atypique dans le Paris des années 1880. Autour de ce dernier, de sa femme égyptologue et de son hôtel particulier aux faux airs de pyramide, une sombre histoire se trame.

Ambiance, donc; maître-mot de l’ouvrage, plus encore que l’intrigue. Une ambiance à base d’un Paris de la fin du XIXe siècle, où s’entrechoquent modernité et archaïsmes, classes populaires et bourgeoisie à la respectabilité discutable, raison et occultisme. L’écriture est également au diapason de l’époque, même si j’ai cru relever quelques anachronismes.

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La convention précédemment connue sous le nom de GenCon, 2009

Soyons clair : on s’est quand même un peu fait chier.

Pour ceux qui n’ont pas suivi, la GenCon Paris s’appelle désormais le « Salon du jeu de société de Paris » (SJSP pour les intimes) et c’était mieux avant. D’une part, elle se déroule sur un espace plus restreint que l’année passée, et, d’autre part, il semble y avoir moins d’événements (tournois et autres) et, surtout, moins de stands.

C’était particulièrement flagrant dans le secteur des jeux de rôle, où on ne comptait à peine qu’une demi-douzaine de participants sur quatre stands, certes de bonne taille mais relégués dans un coin particulièrement peu passant du salon. Le retour du ghetto rôliste à côté des chiottes !

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Objectif Jeu 2008 : Salle défaite

Que les organisateurs d’Objectif Jeu me pardonnent ce titre, mais je résiste difficilement à un jeu de mot pourri. Néanmoins, derrière ce calembour vaseux, dont même le Canard Enchaîné ne voudrait pas, se cache un triste constat : Objectif Jeu, c’était mieux avant.

Je m’explique : l’année passée, on avait eu droit à une chouette convention avec beaucoup de jeu et quelques stands qui vont bien et tout le monde s’était bien amusé. Cette année, la venue en masse d’éditeurs, d’auteurs et d’associations auraient dû assurer un joli succès, sauf qu’on s’est retrouvé avec plus de stands que de joueurs dans des locaux microscopiques.

Ayant discuté de la chose avec quelques-uns des organisateurs, je sais que ce couac n’est pas entièrement de leur faute, que la salle choisie l’a été à la suite d’un changement de dernière minute et qu’en plus, il y a eu un chaos logistique majuscule derrière. Du coup, certains invités sont repartis déçus, voire fâchés. Ça s’appelle être victime de son succès ; c’est dommage, mais, dans le genre destin funeste, il y a pire.

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Vélib: la vélorution est-elle en marche?

Donc, ce week-end, Paris. Étant moi-même cycliste invétéré (et non invertébré, parce que, sans vertèbres, le vélo, c’est plus rude), je me suis fait un devoir de tester les Vélib. Eh bien, vous allez rire, mais c’est cool!

Même le touriste moyen dans mon genre peut essayer: il suffit d’avoir une carte de crédit (la Maestro suisse fonctionne), de trouver une station avec des vélos disponibles et de suivre les indications à l’écran. Somme toute, c’est très simple et pas très cher, pour des petits déplacements: à la journée, 1 euro d’abonnement et les trajets de moins d’une demi-heure sont gratos.

Le vélo en lui-même est un monstre de 25 kilos, sans assistance électrique, et dotés de freins qui lui donnent la maniabilité d’une savonnette au fond d’une baignoire. C’est le gros souci, surtout dans des rues parisiennes encombrées de maniaques du volant, de livreurs garés sur les pistes cyclables, de portières ouvertes, etc. En tant que cycliste suisse, cela demande de régler le paranomètre sur onze et de ne pas se laisser distraire par les boutiques (ou les jolies mademoiselles).

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Objectif Jeu 2007

Or donc, je me suis fait un ch’ti week-end à Paris pour aller faire mon intéressant à la convention Objectif Jeu 2007. Je dois avouer que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas autant amusé en conv’, surtout à Paris (où j’ai tendance à plutôt aller dans des gros salons fort vendeurs, certes, mais un peu chiants).

L’événement avait lieu au Patronage laïque du XVe arrondissement, qui a le défaut de se trouver dans un coin plutôt paumé et l’avantage d’être très bien aménagé pour accueillir des rôlistes, malgré son petit côté squat à peine assumé. L’aspect intéressant de la conv’ était la présence de pas mal de “noms” du jeu de rôle francophone: les éditions John Doe (Grümph en tête), le studio Deadcrows, le studio ForgeSonges (en force!), plus des wargamers, des joueurs de Go, quelques assos parisiennes et plein de joueurs!

On a également eu droit à la visite d’Olivier Caïra (insérez ici jeu de mot stupide), l’auteur de Jeux de rôle: les forges de la fiction, qui a animé un table ronde sur le sujet. Enfin bon, la table était rectangulaire et, en fait d’animer, le pauvre s’est fait passablement flooder par les grandes gueules qui étaient présentes (dont moi, même si je n’ai pas compris tous les mots).

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Marillion à l’Élysée Montmartre

Donc, me voici à Paris, à peine sorti du concert de Marillion. On va résumer: c’était bien. Scratch that: c’était un des meilleurs concerts que j’ai vu. Ça faisait longtemps que je n’avais pas assisté à un concert de Marillion — le dernier, c’était la tournée Brave, ce qui ne nous rajeunit pas.

L’air de rien, Marillion n’est pas exactement un groupe de p’tits jeunes qui débutent. Ça ferait vingt-cinq ans qu’ils tournent que ça n’étonnerait personne. Ce genre de chose se voit assez bien au public présent à l’Élysée-Montmartre de Paris (belle salle, au passage): ça fleurait bon le quadra (et, assez rapidement, la transpiration, mais c’est une autre histoire).

En première partie, A Day’s Work, qui nous a distillé un rock-pop pas forcément très original, mais bien pêchu, enthousiaste et bien dans le style. L’accueil a d’ailleurs été plus que poli, mais, visiblement, le public était content d’être là: ils en étaient même au point d’applaudir la musique d’ambiance et les techniciens de scène…

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