“Zen and the Art of Motorcycle Maintenance”, de Robert M. Pirsig

Okay, c’était bizarre. La lecture de ce Zen and the Art of Motorcycle Maintenance, de Robert M. Pirsig, s’entend. Probablement en grande partie parce que j’en avais beaucoup entendu parler; c’est un peu un bouquin de référence dans le monde geeko-hacker, pour des raisons d’ailleurs assez faciles à comprendre après la lecture.

Parce que Zen and the Art of Motorcycle Maintenance (que je vais abréger ZAMM à partir de maintenant, pour simplifier) parle de Zen et, partant, de philosophie au sens plus large, ainsi que de l’entretien des motos et, plus largement du rapport de l’homme à la technologie, à une époque (1974) où elle commençait tout juste à devenir ubiquitaire et de plus en plus complexe.

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Théorie de la théorisation

On a coutume de dire que ceux qui savent font et ceux qui ne savent pas enseignent – ou théorisent. Manière de dire que la théorie, c’est sale. Il se trouve que moi, la théorie, j’aime bien ça, c’est pourquoi l’article Un manifeste pour le black metal : quand les musiques populaires se théorisent, signé Églantine de Boissieu et Catherine Guesde sur le site Sens public, a attiré mon attention. Non seulement parce qu’il parle de black métal, mais aussi parce qu’il aborde un problème que je vois dans le jeu de rôle – et dans pas mal d’autres sujets, d’ailleurs.

La version TL;DR de l’article est la suivante: Hunter Hunt-Hendrix, un musicien américain de black métal a écrit un manifeste, Transcendental Black Metal, dans lequel il cherche à démarquer le black métal américain de ses racines nordiques en lui apposant notamment une philosophie plus positive. Les réactions ont été plus que virulentes, sur le fond, mais surtout sur la forme; visiblement, beaucoup de monde a eu du mal à avaler une théorisation de leur genre musical préféré avec des mots de plus de trois syllabes.

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“L’art d’avoir toujours raison”, d’Arthur Schopenhauer

Ce lundi, un de mes amis Facebook – qui se trouve être élu municipal UDC – postait un lien vers un de ces articles trollesques qui font la joie des âmes simples et des lecteurs de 20 minutes, le quotidien des gens qui ne savent pas lire. Le sujet n’est pas très important, ce qui m’avait frappé, c’est que le premier réflexe des commentateurs était de répondre au troll mentionné par un autre troll bien connu: “retourne dans ton pays”.

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“Traité de savoir-survivre par temps obscurs”, de Philippe Val

J’aime beaucoup Philippe Val. Pour ceux qui ne connaissent pas — et qui, au vu du barouf médiatique de ces jours, vivent sans doute sous un caillou très bien isolé –, il est directeur de Charlie-Hebdo. À côté des dessins pipi-caca qui tapent, en vrac, sur la droite, les cons et les intégristes de tous poils, Charlie compte un nombre inquiétant d’éditorialistes de grand talent; Philippe Val est de ceux-là. J’ai toujours beaucoup de plaisir à lire ses éditos et, lorsque j’ai appris la sortie de son Traité de savoir-survivre par temps obscurs (Grasset, 240 p.), j’ai filé l’acheter.

Je m’attendais à y trouver quelques chroniques, à l’image de ses articles; j’ai été déçu. En bien. Ce Traité (qui me réconcilie quelque peu avec les traités, après ma précédente expérience) est à mi-chemin entre le pamphlet politique et l’ouvrage de philosophie bien costaud, le modèle pour barbus.

Il part sur la thèse que toute l’histoire de l’humanité repose sur une constante lutte entre “l’espèce”, qui représente les lois naturelles (l’instinct de survie, de reproduction, de sélection, de mort) et la culture ou la civilisation, qui tentent de donner un sens à la vie des hommes. Ce n’est pas très compliqué (à vrai dire, un des reproches que je ferais à cette théorie est qu’elle est justement trop simple, mais bon…) au départ, mais ça implique pas mal de mécanismes complexes, que l’auteur décortique à travers un certain nombre de ses auteurs fétiches: les Épicuriens, Spinoza, Freud.

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