“Professor Moriarty: The Hound of the D’Urbervilles”, de Kim Newman

"Professor Moriarty: The Hound of the D'Urbervilles", de Kim Newman

Vous connaissez l’histoire: un génie et son ami, associé et biographe qui partagent une colocation dans une pension tenue par une charmante vieille dame, dans le Londres de la fin du XIXe siècle. Eh bien Professor Moriarty, de Kim Newman, reprend et retourne l’histoire en la regardant par l’œil de l’antagoniste.

Sherlock

Sherlock Holmes est furieusement tendance. La mini-série de trois épisodes Sherlock, signée par la BBC, arrive dans la foulée du film avec Robert Downey Jr et de House MD, dont le personnage principal est directement inspiré du misanthrope le plus célèbre de la littérature. Ce n’est pas moi qui m’en plaindrait: j’adore le personnage et cette série est délicieuse.

L’originalité de cette nouvelle adaptation est de la transposer à notre époque; ce n’est pas une nouveauté, puisqu’une des adaptations cinématographiques les plus célèbres, avec Basil Rathbone dans les rôle-titre et tournée entre 1939 et 1946, reprenait ce même principe. On perd l’aspect “Angleterre victorienne”, mais on gagne quelques parallèles amusants, comme Watson vétéran de l’Afghanistan, comme son modèle du XIXe siècle.

À la vérité, cette adaptation est des plus réussies et réserve des surprises pour quelqu’un qui connaît bien les ouvrages originels: elle est truffée de petits clins d’œil et de références plus ou moins bien cachées. À part ça, les histoires, si elles sont inspirées par les romans de Sir Arthur Conan Doyle, sont pour la plupart originales et mettent en scène Sherlock Holmes et sa némésis, Moriarty, pour un duel à distance. On y retrouve Holmes et Watson, bien sûr, mais également Mme Hudson, Mycroft et l’inspecteur Lestrade.

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Sherlock Holmes

Franchement, je ne vois pas comment j’aurais pu ne pas aimer ce film: il y a Sherlock Holmes, d’une part, qui est un de mes personnages littéraires préférés. Ce Sherlock Holmes est interprété par Robert Downey Jr., qui avait déjà fait auparavant un Tony Stark de toute beauté dans Iron Man.

Il y a un Dr Watson, interprété par Jude Law, qui rappelle à notre bon souvenir que, loin d’être un faire-valoir fat et empoté, c’est un ancien médecin militaire et quelqu’un qui, à défaut d’avoir le sens de l’observation et le génie déductif du détective, a suffisamment de sens commun et d’esprit pratique pour douze Holmes.

Et puis, surtout, il y a cette reconstitution du Londres de la fin du XIXe siècle, si parfaitement steampunk avec ses ruelles pavées, ses débuts de technologies domestiques, ses lords so british, ses sociétés secrètes et autres machines infernales et son inframonde criminel crasseux. Je mentirais si je disais que ça n’était pas une des motivations premières pour voir ce film.

Je vais être très honnête: pour ce qui est du reste, il y a du bon et du moins bon. Le très méchant Lord Blackwood (Mark Strong), bien inquiétant mais un peu occulté par son intrigue, des scènes d’action nerveuses, mais qui tirent parfois un peu en longueur. Des effets spéciaux numériques impressionnants, mais pas toujours très réussis et un personnage féminin, Irène Adler (Rachel McAdams) qui agit comme le parfait contrepoint du duo Holmes-Watson, mais qui est un peu pâlotte pour être une véritable héroïne à part entière.

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“L’instinct de l’équarisseur”, de Thomas Day

Sur Sherlock Holmes, on a beaucoup écrit, beaucoup dit et beaucoup filmé; difficile de trouver quelque chose d’original sur le sujet. Pourtant, L’instinct de l’équarisseur, de Thomas Day, parvient à créer la surprise en partant du principe suivant: et si Arthur Conan Doyle racontait, par le biais des aventures que l’on connaît, les chroniques d’un univers parallèle, regorgeant de technologie bizarroïdes dans le plus pur style steampunk?

Et si, surtout, le Holmes qui y réside était un individu si hors norme que son alter-ego romanesque, aussi outré soit-il, n’en est qu’une pâle copie, édulcorée pour ne pas choquer les sensibilités victoriennes? Car le Sherlock Holmes de Day n’est rien de moins que l’assassin royal, chargé par la reine Epiphany I d’éliminer les criminels les plus monstrueux de Londen.

Assez de l’histoire, qu’en est-il de l’ouvrage? En résumé, je dirais “Sympa, mais.” Autant j’aime beaucoup la remise en question du mythe Sherlock Holmes et le côté steampunk allumé de l’univers parallèle dans lequel il évolue, autant le style d’écriture finit par m’agacer.

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Harry Dickson : une étude en pulp

Profitant de presque un mois de repos forcé, je me suis relu, à la suite, tout ce que j’avais en Harry Dickson, à savoir les huit tomes de la bande dessinée de Christian Vanderhaeghe (scénario) et Pascal J. Zanon (dessin), aux éditions Dargaud, et la dizaine de livres de la collection Librio, qui contiennent chacun deux histoires.