Dimmu Borgir: Abrahadabra

Jusqu’à peu, j’ignorais qu’il existait quelque chose de tel que du black métal symphonique. Grâce à Dimmu Borgir et leur dernier album Abrahadabra, me voici édifié. En même temps, je soupçonne que les genres absurdes sont au métal ce que les fantasmes surréalistes sont au porno (selon la règle 34): dès l’instant où on le mentionne sur Internet, quelqu’un l’a déjà fait.

À vrai dire, je ne pensais jamais acheter un album de ce groupe norvégien, principalement parce que le black métal n’est en règle générale pas ma tasse de thé, ni ma pinte de Guinness ou quelque métaphore de la même eau. Deuxième règle du métal: ne jamais dire jamais. Parce que c’est certes du black métal, mais symphonique. Et pas du symphonique pour rire, mais le modèle avec le gros orchestre de folie.

Musicalement parlant, c’est assez similaire à ce que faisait Therion il y a quelques années, en encore plues emphatique et avec plus de grognements, plus de gros riffs qui tachent, plus de tout, en fait. C’est ce qui m’a le plus frappé à l’écoute de l’album: on a somme toute une musique incroyablement variée, une sorte de mélange de métal, de symphonique à grand spectacle, de growl et de compositions qui s’approchent curieusement du progressif. C’est très travaillé, très complexe, très riche.

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Therion: Sitra Ahra

Rentrée riche pour le métal symphonique avec un tout nouvel album de Therion, intitulé Sitra Ahra. Et quand je parle de métal symphonique, dans le cas des Suédois de Therion, ça ne fait pas semblant! En gros, c’est Wagner croisé avec Carmina Burana et tout le monde joue de la guitare ou de la batterie à double grosse caisse — en plus des instruments habituels.

Le truc marrant avec Therion, c’est que c’est un des premiers groupes à s’être lancé dans le gotho-symphonique à grand spectacle, mais à peu près le seul à s’être engagé dans la voie des chants chorals en pagaille. Soit la route semblait tellement casse-gueule que personne n’a osé les suivre, soit ils menacent de rotulectomie tous ceux qui tenteraient de les copier.

Toujours est-il que ce Sitra Ahra est une sorte de retour aux sources. Autant le précédent album, Gothic Kaballah, semblait partir dans de nouvelles directions, autant celui-ci est à rapprocher des Lemuria et autres Secrets of the Runes des temps passés. En d’autres termes, et pour reprendre une expression que je commence à être fatigué d’utiliser ces temps-ci, Therion fait du Therion.

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Jupiter Society: Terraform

Si le nom de Jupiter Society m’était déjà connu, via Acritarche, il m’a fallu un temps certain avant de mettre la patte sur Terraform, leur dernier album en date. Je ne vous cacherai pas que ça valait l’attente! Cet album est une petite bombe dans le genre prog-métal à grand spectacle.

Derrière ce nom se cache un supergroupe qui recrute ses membres auprès de la fine fleur du rock progressif et du métal, principalement suédois mais pas que. Qu’on en juge: Jupiter Society inclut des membres de Tiamat, Therion, Carptree, Candlemass, Frost* et bien d’autres, emmenés par le chairman et tête composante (sinon pensante) du projet, Carl Westholm.

Le plus étonnant, c’est que, malgré cette vaste palette de talents et d’influences, la musique garde de bout en bout une intégrité et une cohérence. Terraform propose du métal progressif à tendance symphonique mis au service de ce que je soupçonne être un concept-album d’inspiration science-fictionnesque. En ce sens, il se rapproche beaucoup d’un projet comme Ayreon, mais avec une identité propre; l’unicité des vocaux contribuent également à lui donner une cohérence qui parfois manque dans Ayreon.

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Epica: Design Your Universe

Il y a peu – genre hier – je vous causais d’Amberian Dawn, groupe de métal à chanteuse sympathique, mais pas forcément très inspiré. En même temps que cet album, j’avais également acheté Design Your Universe, dernier opus en date d’Epica, groupe hollandais qui donne également dans ce style. Disons que ce n’est juste pas le même calibre.

D’Epica, je ne connaissais que le double live The Classical Conspiracy, chroniqué ici même il y a moins de six mois. Force est de constater que, dans le genre métal symphonique, c’est un groupe qui en connaît un peu plus qu’un rayon. Design Your Universe ne fait pas vraiment dans la demi-mesure: ton grandiloquent, chœurs gothiques en pagaille, suffisamment d’emphase pour étouffer un auteur romantique, orchestration classique; carton plein au goth-bingo!

Le fait est que depuis que Nightwish et Therion ont déblayé le chemin du métal symphonique à grand spectacle qui se la pète façon Hans Zimmer, c’est devenu une véritable autoroute. Sans révolutionner le genre, Epica sait jouer sur ses forces, notamment sa chanteuse Simone Simons, ainsi que des musiciens plutôt doués. Les compositions sont solides et complexes juste ce qu’il faut, avec une mention spéciale pour le monumental “Kingdom of Heaven”.

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Therion: Gothic Kaballah

Cet article a failli être très différent: j’ai hésité à écrire quelque chose d’incendiaire il y a quelques jours de cela, après seulement deux ou trois écoutes de ce nouvel album de Therion, Gothic Kabbalah.

À première écoute — et ce surtout si on a apprécié les anciens albums — on a l’impression d’avoir affaire à du Therion-light. C’est un petit peu comme si on avait du Wagner joué par Richard Clayderman: ça ne colle pas.

Je m’explique: Therion, à la base, c’est du métal symphonique, version grosse choucroute impériale. Ça y va plein pot, ça en fait des tonnes: grosses guitares, section rythmique se mesurant sur l’échelle de Richter, chants façon opéra lyrique… Sauf que là, gros changement: ces messieurs-dames font dans le subtil. Enfin, dans le plus subtil que d’habitude, disons.

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Le symphonique est à la mode

Ces temps-ci, en rotation intensive sur la platine de tonton Alias: Ayreon, The Human Equation; Therion, Lemuria/Sirius B; Nightwish, Once; et IQ, Dark Matter. Si vous n’aimez pas le grandiose, le mégalo et les morceaux de dix minutes (voire plus, si affinités), passez votre chemin! The Human Equation, de Ayreon. Ceux qui connaissent l’oiseau savent que c’est un mégalo; les autres sont prévenus. Ça …

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