Source: Return to Nothing

Source: Return to Nothing

Si vous cherchez des groupes qui sont considérés comme précurseurs dans une branche ou l’autre du metal progressif, il y a des chances non nulles pour que Tool apparaisse assez vite dans la liste. Dix ans après la sortie de leur dernier album, c’est toujours une influence majeure pour des formations contemporaines, témoin ce Return to Nothing de Source.

Minutian: Repercussions

Il y a des groupes dont la description tient pas mal de la recette de cuisine, tel Minutian, combo finlandais de métal progressif qui, avec leur premier album Repercussions nous livre un métal que j’estimerais à une moitié de Fates Warning, un tiers de Tool et le reste en influences diverses et éléments réellement originaux.

Découvert via une chronique du plus récent Prog-résiste, le groupe propose sept compositions de taille moyenne à longue (de quatre à huit minutes) pour un total sous la barre des quarante-cinq minutes. On est dans des rythmiques plus contemplatives que furieuses, ce qui se reflète dans la longueur des pistes.

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Prisma: You Name It

Visiblement, Tool est à la mode. Prisma, un groupe suisse de métal progressif (que je n’ai découvert que via un site français, c’est dire si je suis à la ramasse question actualités musicales), vient de sortir You Name It, son deuxième album, avec des gros morceaux d’influences tooliennes dedans.

Mais attention: Prisma ne privilégie pas vraiment le côté sombre, torturé et quelque peu intimiste de son modèle, mais plutôt le côté sombre, torturé, brutal et extraverti. Dans You Name It, ça ne fait pas semblant: ça balance du watt par camions!

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Soen: Cognitive

À propos de Cognitive, premier album de Soen, j’ai lu récemment une phrase que j’aurais aimé avoir écrite moi-même et qui disait en substance qu’il faudrait des nouveaux albums de Tool, même si ce n’est pas Tool qui les fait. “Supergroupe” composé d’ex-membres d’Opeth, Amon Amarth, Death et Testament, Soen a pris à cœur cette idée et livre ici un métal progressif complexe et technique dans le plus pur style toolien.

Alors bon, ce n’est pas exactement le premier à avoir eu cette idée ces derniers temps (le groupe français Klone étant un assez bon exemple); je soupçonne que ce ne seront pas les derniers non plus, d’autant plus que Tool eux-mêmes semblent partis pour enfin faire une suite à leur 10,000 Days. Ce ne sont pas non plus les plus convainquants, je dois l’avouer.

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Amplifier: The Octopus

Cela fait un moment que The Octopus, troisième album du groupe anglais Amplifier, tourne dans mes playlists et que je me promettais de vous en parler. Ça fait également un moment que je me demandais ce que j’allais bien pouvoir en dire.

Parce que dans le genre “grand mélange suspect”, impliquant du rock progressif, du rock alternatif et des bouts de métal progressif à la Tool, on ne peut pas dire que c’est un album qui facilite la critique. Le fait qu’en plus, ce soit un double album totalisant un chouïa plus de deux heures de musique n’aide pas non plus.

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The Long Escape: The Triptych

J’ai beau me targuer d’une certaine éthique dans mes chroniques musicales, je ne suis pas à l’abri de certaines formes de copinage. Ainsi, The Triptych, dernier album du groupe français The Long Escape, m’a été recommandé par Saint Épondyle, du blog voisin Cosmo[†]Orbüs, dont il est le photographe officiel (de groupe, pas du blog).

Cela dit, le copinage ne suffit pas et si je parle de cet album ici, c’est bien parce qu’il me plaît. Son rock se situe dans la zone floue qui borde les sous-genres alternatif, progressif et métal: le petit côté énervé façon “révolte adolescente” du rock alternatif, la technicité et les constructions alambiquées du prog et les grosses guitares qui mordent du métal.

Certains morceaux me font un peu penser à Tool dans son côté technique et hypnotique (“Return to Chaos”, “Low Class Citizen”), mais aussi, pour d’autres, au récemment découvert Chaos Divine, pour le mélange homogène de genres différents (“New Beginning” ou “Upon the Head”).

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Karnivool : Sound Awake

À l’écoute de ce Sound Awake de Karnivool, je peux d’ors et déjà annoncer que la relève de Tool est assurée. Ceux qui se lamentaient de l’absence de tout nouvel album de la part des Américains depuis 2006 et 10,000 Days peuvent se jeter avec avidité sur cette semi-nouveauté : Karnivool fait plus qu’assimiler l’œuvre de ses maîtres et propose un métal progressif aux ambiances post-rock des mieux ficelé et nettement moins déprimant.

On notera au passage que l’album des Australiens est encore un de ces albums sortis en 2009 et qui auraient pu prétendre au titre d’album de l’année avant qu’Indukti annihile toute compétition dans ce domaine. Décidément, 2009 fut une encore plus grande année musicale que je ne le pensais. Mais revenons à nos moutons, en chair et en viande (si vous me permettez ce jeu de mot acrobatique et capillotracté – et si vous ne me le permettez pas, c’est pareil!).

Pêchu, complexe et maîtrisé, le métal de Karnivool est clairement prévu pour les amateurs exigeants, ceux que les rythmiques binaires et les plans couplet-refrain-pont-solo ennuient au plus haut point. La chose est déjà présente sur le premier morceau, “Simple Boy”, mais il ne faut pas attendre très longtemps pour avoir droit, avec « New Day », à plus de huit minutes construites comme un mécanisme d’horlogerie, dont les faux airs de bluette évoluent rapidement en chaos organisé (oui, c’est un oxymore, mais ce n’est pas le genre de chose qui va arrêter un groupe de ce calibre !).

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Naïve: The End

Appeler son premier album The End, il faut le faire et les Toulousains de Naïve l’ont fait. Ils ont fait bien plus que ça et cet album est un des plus enthousiasmants et originaux que j’ai pu écouter depuis un bon moment – grâce aux bons offices de Progressive Area, qui a visiblement le chic pour dénicher des bidules improbables comme je les aime.

Imaginez un mélange entre du métal progressif à la Tool, du post-métal à la Isis, avec des influences trip-hop, électro et orientales. Oui, il faut avoir une bonne dose d’imagination et le trio qui compose Naïve n’en manque pas, ni d’ailleurs de talent. On passez assez facilement des ambiances contemplatives et atmosphériques à des parties beaucoup plus sombres et plus brutales. Témoin “Underwater”, qui aligne les extrêmes en un seul morceau – certes, de huit minutes, mais c’est un peu la moyenne pour cet album.

De l’intro très métal de “To Lose And To Die For” à l’atmosphérique et planant “The End”, en passant par “The Crying Community”, métal prog hanté par des claviers aériens, les ambiances orientales et la voix féminine de “The Shroud”, ou le décapsulant “Your Own Princess”, il n’y a rien à jeter sur The End et très peu qui mérite un demi-fronçage de sourcil. Les musiciens sont à peu près irréprochables et la production solide.

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Djizoes: Ichi Ten Dai

On dit que nul n’est prophète en son pays; je suppose que c’est particulièrement vrai pour le trio de métalleux genevois Djizoes, qui se prononce précisément “Jesus” à l’anglaise et qui vient de sortir son deuxième album, Ichi Ten Dai sur un label japonais (Outbreak Records). Avec une telle entrée en matière, je suppose que vous allez croire que je me fous de votre gueule, c’est pourtant la pure exacte vérité.

Si cet album devait avoir un maître-mot, ce ne serait sans doute pas “subtilité”: la musique de Djizoes, c’est du gros métal qui tache, à mi-chemin entre le hard rock sudiste et le nu-métal, avec quelques touches de prog façon Tool (“Pocket Kings”). Des morceaux comme “Billy the Winner”, “The Machine”, “Culbutos” ou l’excellent “The World is Undersized” (de près de neuf minutes), pour ne citer qu’eux, transpirent beaucoup de choses, mais pas vraiment la délicatesse.

À vrai dire, le titre de l’album lui-même, s’il doit pouvoir se traduire en quelque chose comme “la brigade de la maison numéro un”, peut également se comprendre “Eat Shit and Die” – qui, comme par hasard, se trouve être le titre de l’avant dernier morceau de l’album. Une balade, d’ailleurs. Ça ne s’invente pas!

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Mastodon: Crack the Skye

C’est sur la foi de signaux contradictoires que j’ai acheté le dernier album de Mastodon, Crack the Skye. D’une part, les descriptions des précédents albums citent des termes tels que “chant guttural” ou “sludge”, termes qui ont tendance à me faire fuir au plus vite; d’autre part, les critiques sur Progarchives.com sont plus que dithyrambiques.

 

Bokor: Vermin Soul

C’est un fait: les étiquettes de genre, tant au niveau littéraire ou cinématographique que musical, ce n’est pas une science exacte. Mais parfois, je trouve quand même qu’il y a parfois de l’abus: par exemple, qualifier de “prog” Vermin Soul, le nouvel album des Suédois de Bokor, c’est un peu pousser! À la décharge de la Citadelle …

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