"The Labyrinth Index", de Charles Stross

“The Labyrinth Index”, de Charles Stross

Neuvième volume de la série The Laundry – et troisième lu à la suite cette année – The Labyrinth Index, de Charles Stross, enchaîne sur les événements de The Delirium Brief et envoie Mhari et une brochette d’agents de la Laverie aux USA, affronter les Nazgûls.

En y réfléchissant bien, et avec une dose minimale de mauvaise foi, je suis certain que l’on pourrait tirer des parallèles amusants entre ce roman et Le Seigneur des Anneaux. J’aurais d’ailleurs bien voulu lire les crib notes de Charles Stross sur ce sujet, mais elles ne sont pas encore en ligne.

Rappel: la Laverie / the Laundry, c’est le petit nom d’une agence gouvernementale britannique secrète – enfin, ex-secrète – qui a pour charge d’empêcher la fin du monde via des entités indicibles venues d’au-delà de la Création. En gros.

Pour cet épisode, c’est Mhari, la vampire, qui tient le haut de l’affiche. Enfin, Lady Mhari Murphy, baronne Karnstein. Oui, des Choses se sont passées depuis le dernier tome, la moindre n’étant pas l’arrivée d’un avatar du Pharaon noir au poste de Premier ministre du Royaume-uni.

Et cette Nouvelle Direction a un certain nombre de Plans, parmi lesquels aller kidnapper le président des États-Unis. Devinez qui s’y colle?

Et donc, Mhari se retrouve à la tête de trois équipes, envoyées en territoire ennemi pour ce qui ressemble beaucoup à une mission suicide – ou, au mieux, à un gros piège à con. Ses troupes se composent d’un super-héros, un technicien thaumaturge, une elfe cinglée, une autre vampire, un vicaire et un MJ. Et un Concorde. Oui l’avion.

The Labyrinth Index est donc une aventure qui ressemble beaucoup à un « plan PJ », puissance beaucoup trop. Je soupçonne que ce n’est pas un hasard si cet épisode est truffée de références rôlistes. Sans surprise, les choses partent rapidement en vrille et – sans surprise aussi, quand on a lu les précédents tomes – l’aventure va laisser du monde sur le carreau.

C’est un bon, voire un très bon épisode de la série. Il n’introduit pas de nouvelles bizarreries, mais nous permet de voir ce qui se passe aux USA. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle, si on pense que l’agence homologue de la Laverie n’a rien trouvé de mieux pour résoudre le problèmes des Dieux Anciens que de tenter d’invoquer Cthulhu.

Je mettrais un bémol dans sa structure, qui a une sale tendance à empiler les flashbacks, ce qui complique une histoire déjà pas mal emberlificotée. Les compte-rendus ultra-techniques qui avaient quelque peu encombré la narration de The Nightmare Stacks sont ici présents, mais sous une forme raisonnable.

Sinon, on retrouve le génie de Stross pour, d’une part, les comparaisons geeks qui tuent (le nom de la baronnie de Mhari, par exemple), d’autre part les idées tordues à base de créatures indicibles, de bureaucratie britannique et de technologie moderne – j’ai mentionné le Concorde? – sans oublier les références historiques occultes. Dans le cas présent, un cendrier.

De plus, au fur et à mesure que La Laverie avance, son univers s’étoffe et gagne en cohérence. Les idées de Charles Stross sur les créatures « surnaturelles » (vampires, super-héros et autres menace anthropiques majeures) se rejoignent et se répondent de façon très organique. Parfois trop, si vous voyez ce que je veux dire.

Une fois encore, vu qu’il s’agit ici du neuvième tome d’une série – qui devrait en compter une quinzaine, de l’aveu de l’auteur – je ne la recommande pas aux personnes qui connaissent peu ou mal l’univers de La Laverie. Ou alors sous la forme d’un encouragement à lire la série depuis le début.

Et, bien évidemment, pour les rôlistes, c’est pain béni – façon de parler. Non seulement ça parle de lovecrafteries de façon intéressante, mais en plus j’encourage les amateurs de jeux vampiriques à y jeter un coup d’œil également. Sans parler du fait que toute personne ayant fait un minimum de jeu de rôle se reconnaîtra dans les plans débiles.

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