Discipline: To Shatter All Accord

Je me méfie des critiques dithyrambiques; vous devriez aussi, d’ailleurs, y compris des miennes. Dans le cas présent, celle de To Shatter All Accord du groupe anglais Discipline (et non allemand, bande de petits rigolos), parue récemment sur Progressive Area – site que j’aime d’autant plus que j’y ai de temps à autres mes entrées – m’a paru suspectement enthousiaste, ce d’autant plus qu’elles s’ajoutaient à d’autres, lues elles sur Progarchives.

Vous me connaissez: j’ai beau me méfier, je résiste difficilement à l’enthousiasme, surtout quand il concerne une de mes passions; par exemple, vous pouvez être enthousiaste tant que vous voulez sur le dernier album de Michel Sardou ou sur un GN à venir, je ne m’y intéresserai pas pour autant. J’ai donc acquis l’objet – façon de parler pour un téléchargement – sur la plateforme Aïe-Thunes et, quelques rotations plus tard, boum! article.

Soyons clair: la musique de Discipline se classe dans le genre de plus en plus encombré du rétro-progressif, encore que, d’une part, elle s’y place à la frontière (du bon côté; pas celle qui borde les parages du plagiat pur et simple) et, d’autre part, elle a le bon goût de s’intéresser à deux monuments du rock progressif peu exploités par cette tendance, à savoir King Crimson et, surtout, Van der Graaf Generator. Plus quelques bouts de UK pour faire bonne mesure (sur « When She Dreams She Dreams in Color »).

Soyons clair sur un deuxième point: c’est de la belle ouvrage. En cinq morceaux, Discipline revisite les particularités de ses glorieux ancêtres et les remet au goût du jour au sein de compositions superbement maîtrisées, dont l’immense « Rogue » (vingt-quatre minutes à la tare). Alors certes, on n’échappe pas aux défauts du genre, avec des sonorités très typées et qui donnent à l’ensemble un sentiment de déjà-entendu parfois agaçant, mais au vu de l’ensemble, c’est excusable.

To Shatter All Accord ne va pas révolutionner le rock progressif, mais donne un gros coup de jeune à des sonorités nées au tous débuts du genre, le tout dans un album qui est très riche et, à défaut de facile d’accès, du moins aux qualités nombreuses pour qui sait les entendre.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

%d blogueurs aiment cette page :