Samael: Hegemony

Samael: Hegemony

Il faut vous avouer un truc: nous autres Suisses, on n’est pas vraiment des gens fréquentables. Oh, niveau apparences, on fait le job, mais dans les coulisses, on a des banques qui blanchissent l’argent de la mafia, des entreprises qui exploitent les enfants et les conflits locaux, et, musicalement, on est parfois plus dans le genre de ce Hegemony, nouvel album de Samael.

Énième illustration de l’adage « le black-metal mène à tout à condition d’en sortir », Samael est un groupe sédunois qui, depuis pas mal d’années, sévit dans le style death, oscillant entre industriel, cybermetal et death symphonique. Question spécialités locales, on est plus dans le domaine de la bombe à sous-munitions que celui du chocolat au lait.

Avec sa thématique, « le pouvoir et ses abus », Hegemony aligne pas moins de treize pistes, qui tournent presque toutes autour des quatre minutes, pour une durée de l’ordre de cinquante-deux minutes. Pas de raisons de s’attarder: c’est de l’attaque-éclair par douzaine (avec un bonus).

Le format resserré des morceaux est plutôt une bonne chose, parce que le défaut le plus flagrant de cet album, c’est une certaine monotonie. Les pistes tendent à se ressembler et arrive le moment où on se dit « tiens, mais je n’aurais pas déjà entendu ça tout à l’heure? »

Hegemony aurait cela dit supporté une cure d’amaigrissement, avec trois ou quatre titres en moins – quitte à les mettre dans un CD bonus en version digipack. Je ne sais pas si c’est le groupe ou la maison de disque qui a voulu ce format, mais c’est une fausse bonne idée.

C’est un peu dommage, parce que dans son genre rentre-dedans pas subtil, façon préparation d’artillerie pour offensive majeure, Samael ne manque pas d’atouts: des musiciens qui y vont franco, une orchestration symphonique qui renforce le sentiment de brutalité plutôt que de l’atténuer et, par-dessus, les vocaux growlés de Vorph.

Du coup, on a quand même une belle collection de morceaux qui tabassent sévère: « Hegemony », « Samael », « Angel of Wrath », « Black Supremacy », « Murder or Suicide » ou « Against All Enemies ». Même la reprise de « Helter Skelter », des Beatles, donne l’impression qu’elle veut bouffer quelqu’un.

Je conseillerais aux amateurs de prog pur et dur de passer leur chemin: Hegemony n’est pas exactement un album subtil. C’est du metal, et même du Metal, voire carrément du METAL! Ceux qui aiment bien se secouer la crinière sur du binaire à double grosse caisse seront déjà plus intéressés.

Bonus: la vidéo de « Angel of Wrath »

 

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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