Septicflesh: The Great Mass

Vous avez de la chance qu’il y ait eu cet article de Gnome Stew à placer entre la critique de l’album de Samael et celui-ci, sinon c’était aller-retour black/death métal avec The Great Mass, nouvel album en date de Septicflesh.

Si un jour on m’avait dit que j’achèterais un album de Septicflesh… Oui, parce que faut pas croire: ce n’est parce que j’en ai chroniqué des trouzées ces derniers mois que je suis fan de longue date de black ou de death métal. Pendant longtemps j’ai évité le genre aussi soigneusement que les bacs “chanson française” ou les obligations militaires. Il faut dire que, pendant longtemps également, c’était un genre qui ressemblait plus à une catastrophe ferroviaire remixée à la guitare électrique qu’à quelque chose de vaguement musical.

Mais, depuis quelques années, les métaleux se sont tournés vers de nouveaux horizons (voir un de mes commentaires précédent sur le thème “le black métal mène à tout”): indus, électro, métal progressif ou métal symphonique, notamment. Dans le cas présent, c’est le métal symphonique, ce qui place directement le death mélodique de Septicflesh dans la cour de groupes comme Dimmu Borgir.

Lire plusSepticflesh: The Great Mass

Dreamshade: What Silence Hides

Si j’en juge par sa production musicale de ces dernières années, j’ai l’impression que la Suisse est en train de perdre ses dernières inhibitions face au reste du monde, témoin Dreamshade et son nouvel album, What Silence Hides. Dans le genre death-metal mélodico-progressif, les p’tits jeunes de Lugano font très fort; Scandinaves et Teutons (sans parler des Grecs) n’ont qu’à bien se tenir!

 

Sicitur Adastra: New Beat in a Dead World

À l’écoute de New Beat in a Dead World, premier album du groupe hongrois Sicitur Adastra, je me dis qu’une féroce compétition est en cours entre la Scandinavie et l’Europe de l’Est pour le titre de groupe de métal le plus barré. Bon, soyons clair, ce n’est pas le death métal mélodique à tendance progressive marquées qui va menacer des groupes comme Diabolical Masquerade, Spiral Architect ou Indukti, mais c’est quand même un candidat de poids dans la bagarre.

Et quand je dis “de poids”, j’entends par là qu’aussi travaillé et mélodique soit-il, le métal de Sicitur Adastra (pour les latinistes, c’est du Virgile, Énéide, chant 9: sic itur ad astra, “c’est ainsi qu’on s’élève vers les étoiles”) c’est du lourd de chez lourd. Alors certes, on a droit à un joli “Intro” au piano et de belles nappes de clavier, mais ce n’est pas exactement ce qui saute aux oreilles en premier lieu. Grosses guitares, section rythmique massive, vocaux growlés: ça percute, ça hurle et ça meule; je ponce donc je suis.

Le seul, vrai gros défaut de cet album, c’est qu’il est très court: un poil plus de quarante minutes, si on compte l’arnaque de “Outro”, qui affiche onze minutes au compteur, mais qui compte surtout plus de huit minutes de bruit blanc. Je dois avouer comme beaucoup être perplexe face à cette habitude qu’on certains groupes d’ajouter des plages de silence à la fin de leurs albums, le plus souvent pour ajouter une “morceau caché” – sauf que, dans le cas présent, il est tellement bien caché qu’on ne l’entend pas.

Lire plusSicitur Adastra: New Beat in a Dead World

Be’lakor : Stone’s Reach

Stone’s Reach est le dernier album en date (2009) du groupe Be’lakor, qui pour une fois ne vient pas de l’habituelle Scandinavie, mais d’Australie. Vous allez rire : c’est encore un groupe de death-metal. Ça commence à devenir pathologique et j’en blâme une nouvelle fois La Citadelle pour m’exposer à ce genre de musique. Qui plus est, c’est un groupe de rôlistes, puisque son nom est inspiré en droite ligne de l’univers de Warhammer.

Musicalement, je vous rassure tout de suite : on reste dans la lignée des groupes que j’écoute dans ce style. Le métal de Be’lakor est très mélodique – enfin, aussi mélodique que faire se peut sans devoir rendre sa licence de death-metal : on a quand même droit à la grosse voix qui growle, à la rythmique plombée et aux gros riffs qui poncent.

En contrepoint, on a des compositions très longues (un seul des huit morceaux de Stone’s Reach fait moins de cinq minutes) et très travaillées, rehaussées de claviers et de mélodies de haute volée. Le groupe n’hésite pas d’ailleurs à lancer quelques fausses pistes, comme l’intro faussement paisible de « Venator », première piste de l’album, ou l’instrumental « Husks ».

Lire plusBe’lakor : Stone’s Reach

Barren Earth: Curse of the Red River

Je n’aurais sans doute jamais jeté ne serait-ce qu’une oreille sur Curse of the Red River, premier album des Finlandais de Barren Earth, si le groupe ne m’avait pas été recommandé par un des chroniqueurs du site Progressive Area. N’ayons pas peur des mots (ni des sons): Barren Earth fait certes dans le death-métal, mais du death-métal progressif, mesdames et messieurs!

Eh oui, on n’arrête pas le progrès et encore moins le progressif, qui va désormais se nicher dans les genres musicaux les plus abscons et les plus antinomiques. Ainsi Barren Earth oppose-t-il aux vocaux growlés et aux grosses guitares qui poncent des éléments acoustiques, des synthés aériens et des compositions complexes. C’est ainsi qu’on arrive à des morceaux comme “Our Twilight”, qui s’ouvre sur des hurlements de sauvages, avant de partir vers des nappes de claviers et des voix éthérées, avant de revenir au métal, et ainsi de suite.

Lire plusBarren Earth: Curse of the Red River

Green Carnation: Light of Day, Day of Darkness

Il y a des groupes qui réservent de vraies surprises, comme ce Light of Day, Day of Darkness de Green Carnation (attention: page MySpace officieuse). Je connaissais les Norvégiens de Green Carnation au travers de leur quatrième album, The Quiet Offspring, qui proposait un rock progressif moyen, avec quelques moments de grâce surnageant dans un ensemble peu inspiré. Si je n’avais pas lu leur bio Wikipédia, j’aurais ignoré que le groupe puisait ses racines dans le death metal.

Avec Light of Day, Day of Darkness, c’est une paternité qui, sans être immédiatement évidente, devient rapidement difficile d’ignorer. Je classe volontiers cet album, qui date de 2000 et est le deuxième du groupe, parmi les multiples monuments méconnus de métal progressif.

Pour commencer, et pour poser les choses, il s’agit d’un seul morceau d’une heure. La première fois que je l’ai entendu, sur last.fm, je n’y ai pas cru tout de suite.

Light of Day, Day of Darkness est un voyage, qui a son propre rythme et son propre souffle. Tantôt épiques, tantôt atmosphériques, les multiples phases du morceau s’enchaînent et, avec elles, les différents styles distillés par Green Carnation: métal furieux, métal symphonique, rock progressif, plages carrément folk et planantes.

Lire plusGreen Carnation: Light of Day, Day of Darkness

Katatonia: Night is the New Day

C’est à La Citadelle que j’ai découvert ce que je pensais être le nouvel album d’Anathema et qui s’avère être Night is the New Day, le petit dernier des Suédois de Katatonia. À ma décharge, le métal atmosphérique distillé par cette joyeuse bande de dépressif (oui, c’est très con, mais c’est une image que j’aime bien) a de quoi tromper l’auditeur peu attentif.

Katatonia fait partie de ces groupes qui a commencé sa carrière dans un style un rien brutaliste, genre death/doom/black tendance growl, avant d’évoluer vers quelque chose de beaucoup plus mélodique et atmosphérique. Que les métaleux se rassurent, il y a de beaux restes et l’album compte quand même son quota de grosses guitares bien lourdes.

J’aimais bien Anathema, je crois que j’aime encore plus Katatonia – même si je soupçonne que c’est en grande partie dû à la déception causée par le dernier album des Anglais. J’oserais même une filiation avec le rock progressif par le biais des incontournables Porcupine Tree. Le fait est que Katatonia joue plus sur les atmosphères, les ambiances, que sur l’énergie pure.

Lire plusKatatonia: Night is the New Day

Cynic: Traced in Air

La révélation du jour: le death-metal est mélodique. La preuve en est l’album Traced in Air, de Cynic. On vous aurait menti? Pas vraiment. En fait, il y a un truc: Cynic est un cas d’école: l’archétype du groupe de death-metal qui, avec le temps, se met à faire autre chose – dans le cas présent, presque complètement autre chose.

À vrai dire, Cynic est un cas d’école pour pas grand-chose d’autre: formé en 1987 comme un groupe de death-metal (donc), il sort un premier album en 1993, puis splitte. Quinze ans plus tard, le groupe se reforme et produit Traced in Air. Il semble que Focus, le premier album, ne ressemblait pas vraiment à du death-metal traditionnel, mais dans le cas présent, il ne reste plus de ce péché de jeunesse que des éléments trace, comme quelques vocaux growlés.

Cynic est en fait une groupe de métal expérimental qui lorgne à la fois vers le prog-metal et vers le jazz-rock. Pour tout dire, ce n’est pas très métal, entre les vocaux éthérés, les changements de rythme multiples et imprévus et les guitares à la Fates Warning.

Lire plusCynic: Traced in Air

Gojira: The Way of All Flesh

Quelle est la différence entre Godzilla et Gojira? L’un est une sorte de monstre créé par une fusion bizarre de technologie et qui détruit tout sur son passage et l’autre, c’est un film.

Euh, bon, la métaphore est pourrie, vue que “Gojira” est le vrai nom japonais de Godzilla, mais le fait est que l’album The Way of All Flesh des Nîmois Bayonnais de Gojira a pas mal de points communs avec le gros lézard radioactif, notamment dans le domaine de la destruction massive.

Le fait est que Gojira, c’est du death metal. Voilà, c’est dit: j’ai acheté un album de death metal (“Bonjour, mon nom est Alias…” “BONJOUR ALIAS!”). En plus, ce n’est pas mon premier…

À vrai dire, ce n’est pas que du death metal: c’est du death metal technique, avec des relents de métal progressif et de post-rock. Mais bon, c’est quand même du death metal bien râpeux, avec des avalanches de guitares qui décapent et une voix qui a confondu bain de bouche et acide chlorhydrique.

Lire plusGojira: The Way of All Flesh

Enslaved: Vertebrae

Ce n’est pas tous les jours que j’achète un album de death metal, comme le Vertebrae de Enslaved ; c’est déjà arrivé, mais c’est rare et, souvent, je le regrette. Dans le cas présent, l’album m’avait été chaudement recommandé par un forumiste, qui avait cité des influences Pink Floyd.

Certes, il y en a. Mais pas que : on y entend certes des sonorités dignes des groupes de prog psychédélique des années 1970, tels justement les flamants roses en question, mais aussi des grosses ambiances post-rock à base de plages de guitares. Il y a également pas mal de grognements borborygmiques, qui personnellement m’agacent, mais qui ici restent discrets (pas comme Opeth, pour donner un nom au hasard).

Au final, Vertebrae est une expérience intéressante, à la frontière entre plusieurs styles, sans être révolutionnaire ou renversante. J’avais lu quelque part la théorie comme quoi les groupes de gros métal qui tache, genre death ou thrash, se transformaient peu à peu en groupes de prog-métal une fois qu’ils avaient fait le tour de la question. Théorie tentante, surtout à l’ouï de cet album (mais probablement fausse).

Lire plusEnslaved: Vertebrae