Wunderwaffen, tome 2: Aux Portes de l’Enfer

Aux Portes de l’Enfer est donc la suite du premier Wunderwaffen, la série de bande dessinée uchronique à base d’air-porn quelque peu honteux (pour cause de croix gammée). J’en parle ainsi parce que, malgré une idée de départ assez intéressante (l’Allemagne nazie parvient à tenir tête aux Alliés grâce à ses armes secrètes), j’ai un peu l’impression que ça s’essouffle.

On retrouve Walter Murnau, “le pilote du Diable”, qui survit “miraculeusement” à un accident majuscule et se retrouve ballotté d’escadrille en groupe spécial et, par derrière, de groupuscules aux intérêts pas toujours convergents: en vrac, la Luftwaffe, les SS, le projet Wunderwaffen et l’Ahnenerbe; il manque juste l’Ordre de Thulé et les Werwolfs pour que la carte de bingo nazi mystique soit complète…

On retrouve également Jacques Bergier, qui essaye péniblement de convaincre des Alliés très sceptiques qu’il y a quelque chose de réellement pas frais dans cette histoire et que la seule approche rationnelle serait de balancer une bombe atomique sur Berlin.

Alors, certes, la combinaison Wunderwaffen + Jacques Bergier + mystiqueries diverses a le potentiel pour être du WIN en barre; sauf que, de mon point de vue, Le Grand Jeu l’avait déjà fait de façon un poil plus convaincante (notamment avec le tome 3, “La Terre creuse”).

À mon avis, le problème est qu’elle essaye de se développer comme une série “normale”, alors qu’il faudrait avoir une approche plus resserrée, plus pulp, avec de l’action et des rebondissements; j’imagine que prendre le point de vue d’un pilote allemand n’aide pas non plus.

Je ne suis pas non plus fan du dessin; les onomatopées manquent toujours autant d’emphase: on a l’impression de voir des grosses explosions bruitées avec la bouche. À ce stade, il aurait peut-être mieux valu s’en passer carrément. J’ai également du mal avec les personnages, qui tendent parfois à se ressembler.

Par contre, du côté des avions, rien à redire: c’est solide et documenté, les dogfights sont somptueux. La première édition comprend d’ailleurs un mini-dossier de huit pages avec des plans trois vues des différents engins.

Au final, je reste sur mon diagnostic réservé du premier tome: Wunderwaffen est une série qui a du potentiel, mais j’attendrai les prochains tomes pour voir dans quelle direction elle va aller. En espérant que ça se mette à pousser comme un Triebflügel au décollage.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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