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"1917", de Jean-Yves Le Naour

“1917, La paix impossible”, de Jean-Yves Le Naour

Moi qui ne connaissais pas grand-chose de la Première Guerre mondiale (je connais nettement mieux la seconde et je ne suis pas super-enthousiasme à l’idée de devenir un spécialiste de la Troisième), je me régale avec la série de bouquins de Jean-Yves Le Naour sur ce conflit. 1917 est, comme son nom l’indique, le quatrième de la série.

Sous-titré “La paix impossible”, il met en effet l’accent sur les peu connues tentatives faites, au cours de cette année, pour mettre fin au conflit. Il y a d’abord l’initiative des Socialistes, qui veulent faire un congrès à Stockholm sur le sujet, puis le Pape qui lance un appel solennel pour la fin des hostilités, et enfin les diverses négociations secrètes pour faire sortir l’Autriche-Hongrie du conflit.

Ce n’est pas vraiment un spoiler: toutes ces tentatives vont foirer. Un peu comme en 1914, où tout le monde souhaitait la guerre, personne en 1917 ne veut la paix. À part les Poilus, mais, curieusement, on ne leur demande pas leur avis. Du coup, il y a des mutineries – ou plutôt des grèves, mais non pas pour demander la fin des combats, mais plutôt pour obtenir des permissions.

Mais 1917, c’est aussi une année de grands bouleversements, comme l’entrée en guerre des États-Unis – même si ça ne commencera concrètement à avoir un impact qu’en 1918. C’est aussi l’année de la Révolution russe, d’abord socialiste et pacifiste, puis bolchévique.

Et puis l’Allemagne a un nouveau chancelier, l’Autriche un nouvel empereur. Les Français réussissent l’exploit de changer deux fois de généralissime et de gouvernement. Les Grecs aussi ont droit à un nouveau monarque, après d’intenses sessions de torsions de bras des Alliés. Même les Italiens s’y mettent, après une défaite cinglante qui, paradoxalement, va réunifier le pays.

En fait, dans 1917, l’action militaire cède le pas aux manœuvres diplomatiques. Il y a certes l’offensive du Chemin des Dames, qui se solde une fois de plus par un massacre inutile – et la destitution de Nivelle – et quelques autres tueries de la même eau, mais les choses bougent bien plus sur les échiquiers politiques internes.

Comme toujours, l’auteur met en parallèle les faits et les réactions de la presse, souvent en porte-à-faux. Les mensonges des uns et des autres apparaissent en pleine lumière, ainsi que les pathétiques calculs politiciens.

Depuis le dernier tome, il s’intéresse également bien plus à ce qui se passe dans les pays autres que la France, ce qui est toujours le bienvenu. Du coup, je me prends à regretter qu’il ne parle pas vraiment de ce qui se passe – ou plutôt, à ce moment, à ce qui s’est passé – dans les colonies.

Mais ces petits détails mis à part, 1917 confirme tout le bien que je pense de cette série. Pour les amateurs d’histoire contemporaine, je pense que c’est une lecture indispensable.

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3 commentaires sur ““1917, La paix impossible”, de Jean-Yves Le Naour”

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