65daysofstatic: We Were Exploding Anyway

Non, le post-rock n’est pas fait que de longs morceaux déprimants évoquant des friches industrielles au crépuscule : grâce à We Were Exploding Anyway du groupe anglais 65daysofstatic, on sait désormais que le post-rock, ça peut tabasser et même être dansant.

Oscillant entre post-rock, math-rock, rock électronique et techno, à mi-chemin entre Isis, God Is an Astronaut et Aucan, 65daysofstatic produit une musique en grande partie instrumentale qui s’appuye sur pas mal de claviers, des guitares typiquement post-rock et une section rythmique dévastatrice (comme sur « Dance Dance Dance »).

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le mélange est détonnant : on retrouve les thèmes musicaux du post, mais retravaillés façon tchic-boum par des gens qui savent ce que rock veut dire. Ce n’est pas de la techno de branleurs de sample, on parle ici de vraie musique de vrais musiciens.

Les morceaux sont en général courts, seuls trois dépassent les six minutes – dont le remarquable « Tiger Girl », qui conclut l’album avec dix minutes de pur génie.

Il faut supporter le mélange – fort homogène, au demeurant – des genres, mais il n’y a pas grand-chose à jeter dans cet We Were Exploding Anyway : des morceaux comme « Crash Tactics » ou « Weak4 », ainsi que les déjà nommés « Dance Dance Dance » et « Tiger Girl », justifient à eux seuls l’achat de l’album.

Seul peut-être « Come To Me », avec sa partie (vaguement) chantée, le très techno « Go Complex » et le bizarroïde « Debutante » sont un ton en dessous de l’ensemble. Mais c’est juste pour dire du mal et, un ton en dessous ou pas, ils réservent malgré tout d’excellents moments.

Pour moi, 65daysofstatic est une vraie surprise – et une bonne, en plus ! C’est le genre d’album qui, en plus, devrait intéresser ceux de mes lecteurs qui en ont marre que je chronique des albums de prog toupourris (et qui me lisent encore, les masos). De toute façon, 65daysofstatic continuera à exploser, avec ou sans eux, alors autant embarquer.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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1 réponse

  1. Julien dit :

    cela donne envie, c’est sûr

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