“Adjaï aux mille visages”, d’Aquilegia Nox

"Adjaï aux mille visages", d'Aquilegia Nox

Il est Adjaï, elle est Sélène ou une myriade d’autres personnes, pour une minute ou pour plusieurs années. Adjaï aux mille visages, héros éponyme du roman d’Aquilegia Nox, est un changelin, un doppelgänger, un changeur de forme qui essaye de survivre, voire de vivre dans un monde où son peuple est pour le moins mal vu.

Avertissement préalable, “spécial copinage”: Aquilegia est une amie, qui est régulièrement une voisine de stand en convention avec l’équipe de Fumble Zone. Et, comme elle a demandé pour son anniversaire qu’on lise et chronique son premier roman, il ne faut pas s’attendre de ma part à de la sévérité outrancière. Pourtant, à la base, le côté “med-fan pour rôliste” a tendance à ne pas être ma came, pour dire le moins.

Car le monde dans lequel évolue Adjaï a tout de l’univers pour jeu de rôle: des contrées qui oscillent entre le médiéval rural et le steampunk, avec des machines de guerre à vapeur, avec des elfes, des nains, des gobelins et de la magie. On y croise même des aventuriers en mode “là, chérie, cinq points d’expérience!” – ils finissent mal, d’ailleurs.

Mais iel évolue surtout dans un milieu urbain, celui des guildes de voleurs et d’assassins. D’abord au sein d’une étrange guilde qui le·la laisse pour mort·e et porteur·euse d’un étrange et douloureux tatouage magique, puis au sein de sa propre organisation, jouant de ses identités pour des coups de plus en plus audacieux.

Du “roman de rôliste”, Adjaï aux mille visages a peu de défaut et pas mal de qualités. On sent que la construction du monde a été pensée et est solide. On a notamment droit à une séquence impressionnante dans un endroit rarement visité dans de tels textes: un camp de réfugiés en quarantaine. Surtout, ce contexte ne prend pas le pas sur l’histoire et sur son protagoniste, qui raconte son histoire à la première personne.

Adjaï est un personnage plutôt attachant, qui a peut-être un peu trop de talents pour être honnête (sans jeu de mot), mais qui reste profondément humain et accessible. De plus, autour de sa personne, le roman aborde des thématiques intéressantes sur l’identité, l’alterité. Et la maternité, aussi.

Ce premier tome, intitulé Ceux qui changent, est à la fois une bonne introduction au monde, mais aussi suffisamment mouvementé pour être intéressant en lui-même. Je mentirais si je disais que c’est mon roman préféré de l’année – la fantasy et moi, on n’est toujours pas très copains – mais, entre la qualité de son histoire et la plume de son autrice, il est très agréable à lire.


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Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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