Aephanemer: Prokopton

Aephanemer: Prokopton

La période semble être propice aux formations qui, après un premier album sympathique, déboulent avec un machin monstrueux en guise de confirmation. C’est le cas d’Aephanemer qui, avec Prokopton, vient de sortir un monument de melodeath symphonique.

Aephanemer est un groupe de la région de Toulouse qui, à la base, donne dans le death-metal. Avec du mélodique. Et du symphonique. Et de l’épique. Et des trucs qui piquent. Bref, ça a toutes les apparences de la choucroute impériale avec double supplément de tout, mais c’est de la très bonne choucroute.

Prokopton dure trois quarts d’heure et comporte huit pistes, qui tournent en moyenne autour de cinq minutes, mais avec quelques exceptions. Un seul epic, la dernière piste, atteint les neuf minutes. On a donc un album plutôt court, surtout pour le genre.

Je vais déjà être clair sur un truc: au moment de cette chronique, Prokopton est le premier candidat très sérieux au titre d’album de l’année 2019.

Au départ, je me méfiais un peu, d’autant qu’Angry Metal Guy l’avait gratifié d’une note quasi-parfaite, du genre qu’ils ne réservent en général qu’aux groupes de blackened death indonésiens ou aux albums de Steven Wilson. Ça cachait quelque chose.

En fait non, ça ne cache rien du tout: avec Prokopton, Aephanemer nous gratifie d’un album monstrueux, ultramélodique, avec une dose de symphonique épique. Un peu toutes les pistes sont de pures tueries, blindées d’accroches mélodiques hallucinantes. Mention spéciale à “Bloodline”, qui est ma préférée du lot.

Des compositions qui déchirent, des musiciens au taquet (au passage, c’est un des rares groupes de metal avec deux musiciennes, dont Marion Bascoul, chanteuse-growleuse), une ambiance de folie – n’y a-t-il donc rien qui vient entacher cet album? En vérité, il y a deux trucs mineurs qui me gênent.

D’abord, la voix growl. Je sais que c’est du death, donc ça vient d’origine, soudé sur la carte-mère, mais je n’aime pas ça. Cela dit, il existe aussi une version purement instrumentale de l’album, qui déchire presque autant, donc problème réglé!

Il y a aussi quelques passages symphoniques qui sonnent un peu trop artificiels. Je ne sais pas si le groupe a eu recours à un vrai orchestre pour ces parties (la section cordes sur “The Sovereign” est bluffante), mais il y a des bouts qui sonnent un peu trop “synthé” pour que j’en sois certain, surtout sur la dernière piste, “If I Should Die”.

Mais, comme mentionné, c’est vraiment mineur. Cet album est exceptionnel, une bombe atomique. Même si vous n’aimez pas le death, n’hésitez pas à écouter Prokopton, sur Bandcamp, par exemple. La version numérique – qui contient les versions chantées et instrumentales – y est même disponible à prix libre.

Bonus: la vidéo de “Bloodline”, le morceau qui me fait changer trois fois de slip en cinq minutes

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