Anathema: Weather Systems

Chat échaudé craint l’eau froide, dit-on et, du coup, ce n’est pas sans une certaine appréhension que j’ai posé sur la platine (virtuelle) Weather Systems, le nouvel album d’Anathema, après le piteux Hindsight et malgré les plutôt bons We’re here because we’re here et Falling Deeper. Un album sinon concept, du moins avec un thème météorologique prononcé. Ce qui est assez bienvenu pour un groupe de rock atmosphérique…

Disons d’abord que ceux qui espéraient un retour du groupe à ses racines doom peuvent continuer à rêver: ce ne sera pas pour cet album, qui est clairement dans la lignée de We’re here… avec rock progressif à grandes envolées électro-acoustiques atmosphériques et lourdes à la fois, avec quelques orchestrations pour accompagner sur les neuf morceaux et cinquante-six minutes de l’album.

Les deux parties de “Untouchable” qui ouvrent l’album sont de très haut niveau: une première ultra-émergique et épique, qui précède une deuxième plus lente, orchestrale et intimiste à la fois. “The Gathering of the Clouds” est un morceau au titre aptement choisi, qui entretient une tension tout au long, avec un duo de voix masculines et féminines. Tension qui culmine dans les hautes sphères avec un “Lightning Song” éthéré, survolé par le chant de Lee Douglas au final étourdissant.

Un peu le même format prévaut sur “Sunlight”, morceau qui commence tout en douceur et qui procède en duo entre Lee Douglas et Daniel Cavanagh et se conclut en apothéose avec un jeu de guitare un peu à la U2 des débuts. “The Storm Before the Calm” détonne quelque peu dans l’ensemble avec un son beaucoup plus électrique et électronique au début, avant de se terminer de façon très orchestrale – à se demander s’il ne s’agit pas deux morceaux différents.

On suit avec “The Beginning and the End”, un morceau plus rock et plus dans la veine de l’Anathema des temps héroïques (indice: XXe siècle, ou peu s’en faut). “The Lost Child”, morceau calme, au développement orchestral, mais que j’ai trouvé peu enthousiasmant, annonce “Internal Landscapes”, le final de l’album: il débute par une narration enregistrée qui parle d’expérience de mort approchée et se développe sur une note ambiante et acoustique avant de conclure sur un ton plus énergique.

Dissipons donc l’angoisse première: Weather Systems est, dans son ensemble, un très bon album. Plus cérébral que physique, il intéressera probablement plus ceux qui aiment écouter leur musique avec attention et recueillement (le digipack contient d’ailleurs une version en Dolby 5.1).

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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