Anthinoises 2014

Et allez, me voici reparti pour la Belgique et ses fêtes médiévalo-celto-folk, en l’occurrence l’édition 2014 des Anthinoises! Au menu: de la bière, du jeu, de la musique, des costumes, des copains, le tout dans le petit village d’Anthisnes, dans la région de Liège, et son avouerie du XVIIe siècle.

Arrivée le vendredi en courant d’après-midi, il m’a déjà fallut affronter les transports publics locaux. En soi, ce n’est pas très compliqué, mais ce n’est pas super-bien indiqué, donc il faut suivre les zozos qui, comme moi, se baladent avec une tonne de bagages.

Les Anthinoises se présentent comme un « festival des musiques et cultures celtiques »; y’en a aussi. Mais c’est devenu, au fil du temps, une sorte de Renaissance Faire à l’européenne, mélangeant culture celtique, recréations médiévales, fantasy et autres cultures de l’imaginaire.

On y croise beaucoup de gens en costumes, allant des fées aux goths, en passant par le steampunk et le métal, on peut y rencontrer des auteurs de littérature et de bandes dessinées, on peut également y jouer – raison officielle pour laquelle j’y suis invité – et on y trouve également un « village celtique » proposant diverses marchandises médiévalisantes: costumes, bijoux, armes et armures et beaucoup, beaucoup (trop) de choses à manger et à boire. Ce n’est pas un week-end pour rester sobre (surtout quand c’est sponsorisé par la Cuvée des Trolls).

Les Anthinoises, c’est aussi – surtout, diront certains – un festival musical sur le thème du folk et du celtique. Là encore, y’en a aussi et c’est assez impressionnant de voir la diversité des sous-genres représentés sur la grande scène, le « Chaudron des Trolls ». Les concerts  commencent le vendredi soir, avec Minimum Vital. C’est un peu un groupe que je connais depuis vingt-cinq ans et que je rêve de voir depuis ce temps, mais visiblement, j’étais un peu le seul: le trio monte sur scène devant un public clairsemé.

Le fait qu’il commence par une intro planante n’était pas la meilleure idée, non plus. Dès que le groupe entame ses morceaux plus classiques, mélangeant instrumentation traditionnelle, électrique et électronique. J’avais presque l’impression que le groupe n’avait pas une grande expérience des concerts (ce qui est un peu étonnant) ou, à tout le moins, de ce genre de concert, plus folk que prog. Reste que, quand Minimum Vital se lance dans ses morceaux plus typiquement rock-folk, le groupe propose une musique de très haute qualité et qui bouge bien comme il faut. Là encore, dommage que le public soit un peu absent.

Le contraste est néanmoins frappant avec Folk Noir, qui suit. Le groupe germano-néerlandais attaque son mélange surprenant de pop-rock sur instruments traditionnels (notamment une vielle à roue avec distorsion métal) et de folk devant un public plus nombreux, mais également plus réveillé. Le groupe a ses fans et ils ne font pas semblant. Le troisième groupe est Vishtèn, originaire du Québec, et sa musique est un mélange de folk acadien, cajun et irlandais, à base de claquettes, d’accordéon et de violon. Autant dire que ça bouge énormément.

Samedi, programme chargé devant un public bien plus nombreux et de nouveau avec du lourd et de l’éclectique, à commencer par The Outside Duo, deux violonistes bretons surexcités qui livrent une prestation décalée et bondissante, ultra physique. Suit La Horde et son pagan-folk humoristique (genre avec une intro en danse moderne et une reprise tirée du Aladdin de Disney), un groupe local, mais doté de nombreux fans qui font un maximum de bruit. Ghislain, du Naheulband, monte même sur scène pour un guest sur « Drunken Sailor », avec des insertions disco et « Radio Gaga » de Queen.

Le groupe suivant déboule en kilt en dans une configuration purement sans fil: Rapalje, venu des Pays-Bas voisins, propose un folk sur instruments traditionnels, mais incluant des reprises de métal et même de Jacques Brel, avec en plus une cornemuse lance-flammes. C’est sympa, mais mon état de fatigue m’oblige à quitter la salle avant la fin et, du coup, rater le dernier groupe (Celtica Pipes Rock).

Idem pour le premier du dimanche, Hot Griselda, pour cause de rangement et de dîner. Le suivant Celtic Attitude, proposait un rock-folk celtisant sympathique et entrainant, avec pas moins de onze musiciens sur scène et la présence de Perry Rose, une des stars belges du genre. C’est dommage que le jeu de scène soit reste limité à trois ou quatre musiciens, les autres restant en retrait (surtout l’énorme luth de plus de deux mètres).

Ce n’était par contre pas le genre de Celkilt, dernière formation de la soirée et du festival, qui a mis une ambiance d’enfer avec son punk celtique déjanté, incluant un lot de reprises plus ou moins absurdes, de AC/DC à Céline Dion, et une participation très active du public. Dans le genre final de folie, j’ai rarement vu aussi intense.

La partie jeux a été un peu décevante, de mon point de vue: j’étais venu avec du matos – trop; j’aurais dû prendre un oreiller à la place, j’aurais mieux dormi –, mais je me suis un peu retrouvé dans un coin du chapiteau des jeux, donc loin du passage. C’est cool quand on est fatigué, mais ce n’est pas terrible pour la visibilité.

Ça m’a quand même permis de tester le projet « White Books »d’Eric Nieudan, un jeu inspiré de la toute première édition de Dungeons & Dragons – avec des gros bouts de Apocalypse World pour le système – dont une des particularités est de partager le rôle du MJ entre les joueurs, suivant les circonstances. Évidemment, quand on se retrouve avec un quarteron de vieux briscards, ça part un peu dans tous les sens, mais c’est très sympa.

Au final, je rentre d’Anthisnes dans un état de décomposition avancé (et avec un chapeau en moins, perdu dans la dernière navette), mais heureux comme un sale gosse qui a pu faire un tour au pays des fées – et en revenir, ce qui n’est pas toujours évident. C’est grave de croire encore aux fées, à mon âge?

Ma (grosse) galerie d’images des Anthinoises est disponible sur Flickr, sous licence Creative Commons.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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5 réponses

  1. Roboduck dit :

    Non, ce n’est pas grave. Il faut croire aux fées à tous les âges.
    Roboduck Articles récents…Suisse centraleMy Profile

  2. Aela dit :

    Bonjour!

    Serait-il possible d’utiliser certaines photos de notre compagnie (Tan Elleil), que l’on peut voir sur votre album flikr?

    Belle journée à vous,

    Aela

    • Alias dit :

      Hello et bienvenue! Mes photos sont toutes sous licence Creative Commons et, de fait, réutilisables avec seule mention de mon nom (Stéphane Gallay) comme crédit. Faites-vous plaisir! 🙂

  3. jolan dit :

    Merci Stéphane d’avoir à nouveau intégré l’espace jeux du Castel des Trolls, organisé par l’équipe du Trolls & Légendes.

    • Alias dit :

      Merci à toi et à ton équipe pour l’invitation.

      La prochaine fois, je tâcherai de faire un peu mieux mon boulot d’auteur invité. 😉

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