Antimatter: Fear of a Unique Identity

J’ai acheté ce Fear of a Unique Identity, dernier album du groupe britannique Antimatter, avec une certaine appréhension: le précédent, Leaving Eden (qui date tout de même d’il y a cinq ans), m’avait laissé un souvenir mitigé, pour dire le mieux.

Il faut dire que Antimatter officie dans un genre, le « rock mélancolique » (une variante de rock progressif que l’on peut rattacher à ce que fait Anathema depuis une dizaine d’années – ou à Porcupine Tree, en poussant un peu), où il est assez facile à se laisser à de la médiocrité molle du genou. On ne devrait pas laisser des mélancoliques faire du rock, c’est souvent déprimant.

Pourtant, sans aller jusqu’à prétendre que la musique de Antimatter est enthousiasmante, cet album a des aspects attachants. Les onze morceaux de Fear of a Unique Identity proposent une balade dans des terres grises, mais pas uniformes.

Tout est ici une question de contraste: rien n’est réellement tranché et les ambiances atmosphériques cohabitent avec des passages lourds (comme dans « Paranova », qui ouvre l’album), les sonorités acoustiques avec des aspects plus électroniques (« Monochrome »). On trouve aussi la touche vocale féminine qui fait une grande partie du charme de Anathema, mais moins présente.

Le principal défaut de cet album est commun à beaucoup de groupes qui font une musique similaire: ce qui est déprimé est souvent déprimant et, après une heure de mélancolie à haute densité, sans avoir forcément envie de se balancer sous un rouleau compresseur, on se sent tout de même un peu las.

Néanmoins, Fear of a Unique Identity est un album écrit avec justesse et originalité, et réalise par des musiciens talentueux. Il n’est donc pas recommandé aux déprimés chroniques, mais les autres peuvent y jeter une oreille. Et, pour se faire une idée, voici une vidéo tirée de l’album.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. FX dit :

    Acheté suite à ton post, et je ne regrette rien, moi j’aime les musiques déprimantes, ca me requinque.

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