Ashby: Fragmental

Ashby: Fragmental

Pour faire suite à ma chronique de Ælendir hier, je vous propose aujourd’hui un autre groupe à l’inspiration néo-prog fortement tintée nineties: les Allemands de Ashby et leur premier album – si l’on excepte un EP – Fragmental, également découverts grâce à Neoprog.

Hormis le fait de proposer ici un album de taille standard et d’être moins dans les sonorités d’il y a vingt ans, Ashby a la particularité d’avoir une chanteuse, Sabina Moser. La musique est également un peu moins mordante, malgré une pochette très typée « death progressif ».

Au niveau format, Fragmental est un album encore plus dans un créneau rock progressif conventionnel, avec sept pistes, dont deux atteignent les dix minutes et deux autres dépassent la barre des treize, pour une durée totale de près d’une heure.

La musique d’Ashby semble très aboutie dans sa démarche, avec ses quatre morceaux-fleuves qui sont remarquablement bien construits. Il y a de la complexité, des tableaux variés, des plages instrumentales souvent somptueuses et, par-dessus, la voix de Sabina Moser, très à l’aise surtout dans les registres énervés.

Le groupe est clairement à son aise dans les longs formats, Ainsi, « Æther – A Lunar Year », le mélancolique « Ashes Decay » sont des grands moments de prog. De façon générale, Ashby arrive souvent à placer des passages instrumentaux de très bonne tenue.

Mais, là encore, l’inspiration d’il y a vingt ans est très présente – lire, trop. Parfois, ça gâche l’écoute en ajoutant un côté presque « amateur » à l’expérience. C’est souvent très marqué sur les claviers et aussi un peu les guitares; la section rythmique est, en comparaison, plutôt contemporaine.

Du coup, l’impression finale est mitigée. Si le côté « survivant du XXe siècle » est moins marqué que sur Soul Heaven Anatomy, il y a quelques scories qui me font quelque peu grincer des dents. Certes, je fais mon chieur, mais c’est aussi comme ça que je fonctionne: il suffit d’une virgule de travers pour que je chouine. Deal with it.

Vu que Fragmental est disponible sur Bandcamp pour €10, je vous conseille donc d’y jeter une oreille. Ce n’est pas follement original et ces sonorités surannées sont parfois gênantes, mais ça n’empêche pas que l’album est, dans son ensemble, très sympathique, voire très bien par moments.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Je partage ton constat. Sympa, joliment exécuté, mais déjà trop entendu.

    Du réchauffé qui manque d’un je ne sais quoi d’originalité pour passer faire chauffer la carte bleue.

    Dommage.

    • Alias dit :

      C’est clair que si je compare au dernier Haken, à TesseracT ou, dans un autre registre, à Fallujah (que je chronique jeudi), ce n’est pas très original. Mais ça reste bien fait.

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