Audio’m

Audio'm

Repéré par Neoprog, je dois avouer que la première impression que m’a laissé le premier album d’Audio’m n’est pas exactement positive. Comme quoi il faut se méfier des premières impressions.

En effet, ce groupe français dans une forme de rétro-progressif qui consiste à s’inspirer des tous débuts du néo-prog – du rétro-proto-néo-prog, en quelque sorte. Quand je parle des tous débuts, je veux parler des premières bandes démo de Marillion ou des premiers albums de iQ. Du vieux et du bizarre, donc.

Cet album, qui n’a pas de titre et que l’on va donc appeler Audio’m par convention, comporte six pistes longues, voire très longues: entre six minutes et demie et près de quinze minutes, avec une durée totale dépassant l’heure. Du rock progressif, donc; aucun doute là-dessus!

On peut découper cette musique en deux parties: des parties chantées peu convaincantes et des instrumentaux exceptionnels. Enfin, quand je dis « peu convaincantes », c’est un peu exagéré: disons qu’elles sont pile dans le genre de l’époque, ce qui signifie que c’est une voix peu posée, un peu éthérée, mais avec un phrasé théâtral qui ne colle pas.

On dirait presque que Audio’m a oublié pourquoi ce style n’a eut aucun succès à l’époque. Il a fallu que des groupes comme Marillion passent en mode « invocation charismatique majeure » pour que le néo-prog devienne un truc écoutable.

Je dois néanmoins avouer que c’est un genre auquel je suis sensible; c’est peut-être mon côté historien, j’aime quand ça me raconte une évolution. Audio’m est à mi-chemin entre le prog « classique », ou symphonique, des années 1970 et sa première modernisation des années 1980.

Et puis, comme je l’ai dit, il y a les parties instrumentales, qui sont juste somptueuses – voire tueuses tout court. Là encore, on y sent l’influence du symphonique de la grande période prog, avec une touche de folk (« Dead Quiet »), tout en entendant poindre les sonorités de la décennie suivante.

Quelque part, c’est aussi là que le bât blesse: si Audio’métait paru en 1980, j’aurais salué une authentique gemme, un diamant brut retrouvé. Sauf que l’album date de 2016 et, malgré moi, j’ai le cerveau qui fait WTFTILT. Ce n’est pas nouveau, le rétro-prog et moi, on n’est pas toujours super-potes. Ou toujours pas.

Disons les choses ainsi: intellectuellement, je ne sais pas trop où poser cet album et la dissonance entre ses sonorités et sa date de conception a tendance à me mettre l’entendement en vrac. Émotionnellement, je suis quand même très sensible à ce style – pas pour tout, mais les longues plages instrumentales m’envoient sur une autre planète.

Je ne sais pas si Audio’m – le groupe, donc – me plairait autant avec un son plus moderne, alors je préfère ne pas l’appeler de mes vœux. Je pense juste que si je peux apprécier cet album – à condition d’envoyer mon cortex faire des mots croisés ailleurs – je risque d’être moins magnanime envers une suite sur le même mode.

En l’état, Audio’m nous propose ici un premier qui est intéressant à plus d’un titre, même s’il a ce côté agaçant – pour moi en tous cas – propre au rétro-prog. Au moins, on ne peut pas dire que le groupe va pomper des sonorités ultra-connues. Et puis *Audio’m* est disponible sur Bandcamp, à l’écoute et au téléchargement pour le prix très raisonnable de €7. Je vous recommande d’y jeter une oreille, ça en vaut la peine.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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