Avatar

Histoire de céder à l’hystérie médiatico-geek de cette fin d’année, ceci est donc l’article quasi-obligatoire sur Avatar, le nouveau film de James Cameron. Non, ça n’a aucun rapport avec le dessin animé dont j’avais parlé ici même il y a quelques temps. On peut en résumer l’intrigue par une pirouette genre “Un homme parmi les loups dans l’espace” ou par un descriptif plus élaboré du genre “un marine paraplégique utilise un corps de synthèse pour infiltrer une tribu aborigène sur une planète qui regorge d’un minerai rare et cher”. Mais ce n’est pas très important.

À moins d’avoir passé les derniers mois au fin fond de Bornéo, dans la Creuse ou sous un gravillon, il est difficile d’être passé à côté du fait qu’Avatar est un film 1) très cher, 2) en images de synthèse et 3) visuellement ébouriffant. Pour l’avoir vu en 3D, je confirme: ça en jette! C’est d’ailleurs heureux, parce que c’est à peu près la seule chose qui évite que ce film sombre rapidement dans un semi-oubli.

Le point fort du film est indéniablement le degré d’immersion qu’amènent le travail visuel sur la planète en elle-même et ses indigènes et la 3D accentue encore cet état de fait (et tend à me rendre malade avec des points de vues vertigogènes).

La faune et la flore de Pandora, lune d’une géante gazeuse où se déroule l’histoire, font l’objet d’une débauche de couleurs et d’effets de lumière qui rappelle à quel point James Cameron semble fasciné par les créatures marines. Venant du réalisateur d’Abyss (et, diront les gens mesquins, de Titanic), ce n’est pas très surprenant.

En plus, gros bonus pour le fan de rock progressif que je suis, les décors semble directement tirés des illustration de Roger Dean, qui a fait bon nombre des pochettes de Yes ou d’Asia en son temps.

Le contrepoint de cette orgie graphique est une anémie scénaristique certaine. Je n’irais pas jusqu’à dire, comme certains de mes petits camarades, que c’est gnangnan-guimauve et plat, mais force est d’avouer qu’on baigne autant dans l’exotisme que dans les bons sentiments et que le tout manque sérieusement de relief et de surprise. De ce point de vue, c’est un film, très, très convenu.

À peu près tous les clichés nous sont assénés avec une régularité de métronome, les retournements sont, dans le meilleur des cas, téléphonés (voire affichés en grand format depuis des semaines dans toute la ville), la plus grande partie des personnages cultivent la caricature jusqu’à l’absurde et les “fusils de Chekov” qui parsèment l’histoire ont un format de mortier lourd. Certes, il y a quelques rares points originaux, mais je pense qu’en n’ayant eu que la trame initiale, j’aurais pu prévoir le déroulement de l’histoire sans trop de soucis.

Étrangement, malgré tous ces défauts – et le fait que les lunettes 3D, si elles sont convaincantes d’un point de vue technologique, restent peu pratiques, surtout si on porte déjà des lunettes –, Avatar reste un film qui m’a plu. Avec un peu plus de bonne volonté, j’aurais pu déconnecter mon scénario et me laisser guider dans cet univers. Certes, 2 h 40, c’est peut-être trop long pour ce genre d’exercice (rapport surtout aux lunettes sus-mentionnées), mais si vous avez envie d’un film “montagnes russes” pour vous mettre l’oreille interne en vrac et satisfaire vos envies de sucre d’orge visuel, n’attendez pas la version DVD!

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