Barren Earth: Curse of the Red River

Je n’aurais sans doute jamais jeté ne serait-ce qu’une oreille sur Curse of the Red River, premier album des Finlandais de Barren Earth, si le groupe ne m’avait pas été recommandé par un des chroniqueurs du site Progressive Area. N’ayons pas peur des mots (ni des sons): Barren Earth fait certes dans le death-métal, mais du death-métal progressif, mesdames et messieurs!

Eh oui, on n’arrête pas le progrès et encore moins le progressif, qui va désormais se nicher dans les genres musicaux les plus abscons et les plus antinomiques. Ainsi Barren Earth oppose-t-il aux vocaux growlés et aux grosses guitares qui poncent des éléments acoustiques, des synthés aériens et des compositions complexes. C’est ainsi qu’on arrive à des morceaux comme « Our Twilight », qui s’ouvre sur des hurlements de sauvages, avant de partir vers des nappes de claviers et des voix éthérées, avant de revenir au métal, et ainsi de suite.

Cet album offre son lot de morceaux spectaculaires, tel un « Forlorn Waves » (sans doute le meilleur) qui mélange harmonieusement un riff de guitare implacable et des claviers très travaillés et rappelle un peu le Twilight of the Gods de Bathory, en plus énergétique et plus élaboré. Ou alors « The Ritual of Dawn » dont l’intro au clavier rappelle le Marillion des temps héroïques.

Alors bon, tout n’est pas, sinon du même niveau, du moins à mon goût. Certains des morceaux m’enthousiasment à peine et d’autres me laissent quasiment froid. Depuis le temps que je le répète, vous allez finir par être au courant: je n’aime pas le growl et c’est hélas un style vocal surreprésenté sur Curse of the Red River. Néanmoins, je ne suis pas sûr que cet album soit aussi intéressant si ce n’était pas le cas: une grande partie de son originalité joue justement sur ce contrepoint.

J’ai dû également vous parler mille douze fois de la théorie qui veut que les groupes de death-métal qui en ont marre de faire du bruit pour décervelés prépubères finissent par se tourner vers le prog. Dans le cas présent, ça ne tient pas, vu qu’il s’agit du premier album du groupe, mais le rapprochement est très tentant. Quoi qu’il en soit, Curse of the Red River est un album à recommander à ceux que les mélanges un peu extrêmes ne rebutent pas.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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