“Black Man”, de Richard K. Morgan

Un des effets secondaires de mon récent engouement pour LibraryThing est que je me suis aperçu que j’avais depuis bientôt un an (je l’avais reçu à Noël) Black Man, le dernier roman de Richard Morgan, sans l’avoir lu. C’est malin.

Pour situer, Richard Morgan est l’auteur de la trilogie Altered Carbon / Fallen Angels / Woken Furies et j’ai un peu l’impression que cette histoire d’anticipation aux relents post-cyberpunk et transhumaniste se situe dans le passé de cette trilogie – un peu comme un autre ouvrage isolé, Market Forces.

À l’aube du XXIIe siècle, Carl Marsalis est un humain dont le génome artificiellement modifié fait de lui un monstre aux yeux de la société d’alors. Son boulot: chasser les “monstres” comme lui; c’est pourquoi une agence gouvernementale fait appel à lui – et le sort d’une prison floridienne – lorsqu’un de ses congénères revient illégalement des colonies martiennes et commence à massacrer allègrement des gens sur le territoire nord-américain.

Mélangeant les thèmes du techno-thriller, de la science-fiction et du policier, Black Man n’est pas un bouquin banal et, dans son genre, il est très bien. Bon rythme, écriture soutenue, une trame qui n’est pas vraiment prévisible, des protagonistes raisonnablement originaux dans une univers presque crédible.

Je dis “presque” – et c’est un des défauts du bouquin –, parce que le XXIIe siècle de Black Man ressemble quand même beaucoup à notre XXIe siècle, modulo quelques babioles plus ou moins cosmétiques. Pour être plus précis, un certain nombres des thématiques auxquelles on pourrait s’attendre dans ce genre d’univers – réchauffement climatique, guerre pour les ressources et autres joyeusetés – ne sont que peu ou pas exploitées.

Le deuxième défaut est à chercher au niveau du langage; c’est certes mineur, mais j’ai l’impression que Morgan est un de ces auteurs qui ne peuvent pas s’empêcher d’utiliser les mots “fuck” et “fucking” en moyenne trois fois par ligne de dialogue. Si on se prenait à les retirer du corpus du texte, l’ouvrage perdrait facilement dix pour-cents de sa taille. Et ce ne serait pas du luxe, car dans le genre touffu, Black Man est quasiment au même niveau qu’Anathem. Un peu peu plus facile à lire, quand même.

Mais c’est du pinaillage, sinon mineur, du moins secondaire: Black Man est un excellent roman de science-fiction, qui aborde de plus des thèmes peu courants. Il y a par exemple une réflexion sous-jacente sur la question de ce qu’est la civilisation et sur la “féminisation” d’une société patriarcale. En plus, je suis assez content de voir que l’auteur s’est quelque peu calmé dans ses tendances sadiques et que les scènes de violence complaisantes restent à niveau acceptable.

Bref, sans aller jusqu’à dire qu’il n’y rien que du  bon dans ce bouquin, je recommande volontiers la lecture de ce Black Man aux amateurs de SF moderne et à ceux que les thèmes transhumanistes et post-cyberpunk travaillent.

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