Blade Runner 2049

Blade Runner 2049

K est un réplicant au service de la police de Los Angeles, un androïde biologique créé pour obéir et rien d’autre, en butte au racisme de ses collègues et à une condition d’objet vivant, qui pourchasse d’autres réplicants: un blade runner. Et, comme on est en 2049, le film s’appelle Blade Runner 2049.

Bon, je dois avouer que je n’étais pas dans les meilleures conditions psychologiques pour voir ce film, vu que je sortais d’une journée de travail particulièrement frustrante. Il est possible que mon état d’esprit ait impacté négativement l’expérience.

Ceci posé, et en regard de la gageure que représentait l’écriture et la réalisation d’une suite à ce film culte qu’est le premier Blade Runner, je suis sorti de la salle de cinéma avec un a priori plutôt favorable.

Certes, Blade Runner 2049 a pas mal de défauts, à commencer par des lenteurs parfois lourdingues, des scènes qui durent des plombes sans que l’on sache trop pourquoi. Certes, c’est un film lent, qui prend son temps et qui emprunte au cinéma asiatique son amour pour les longes scènes contemplatives, mais on a parfois l’impression que c’est gratuit. Après, honnêtement, les presque trois heures du film passent bien sur l’ensemble.

Le deuxième défaut majeur, à mon goût, c’est la présence d’un antagoniste qui ne sert juste à rien. On aurait pu remplacer le personnage de Wallace par une présence hors champ, ça n’aurait rien changé à l’intrigue et peut-être même renforcé le côté « corporation sans visage ». Son « plan machiavélique », c’est juste du capitalisme en phase finale et on a l’impression que le rôle est là juste pour avoir un acteur bankable (Jared Leto) au casting.

Il y a également un peu trop de références au premier film; ça a l’air con comme ça, mais au bout d’un moment, ça m’a gêné. D’un autre côté, il y a en a quelques-unes plus subtiles qui m’ont plus amusées, comme la présence dans le décor d’enseignes pour des marques aujourd’hui disparues – Pan Am ou Atari, notamment – et qui donnent au film un côté décalé, rétrofuturiste.

Là où Blade Runner 2049 fait très fort, c’est dans le domaine de l’immersion. Les scènes de survol des paysages, que ce soit la « campagne » californienne ou l’étendue urbaine de Los Angeles, couplées à la musique – tout à fait dans l’esprit de cette de Vangelis, malgré les gros PFFFFOOIINNNN! typiques de Hans Zimmer – et à l’ambiance sonore, plongent le spectateur dans une ambiance forte. J’ai rarement été embarqué aussi loin dans le film.

Je me souviens qu’à l’époque de sa sortie, en sortant de la séance de Blade Runner, je m’étais étonné de ce qu’il ne fasse pas nuit et qu’il ne pleuve pas. Trente-cinq ans plus tard, je retrouve une magie similaire dans ce film. Peut-être pas aussi intense – ou alors c’est moi qui suis moins impressionnable avec l’âge – mais comparable.

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les différences de traitement de la lumière entre les deux films: noir et néons pour le premier, plus de variété dans le second, mais avec souvent des lumières très marquées. J’ai aussi été impressionné par les efforts apportés à certains détails, comme les marques de salissure sur les objets.

L’histoire en elle-même est intéressante; pas transcendante non plus – sans jeu de mot – mais avec un ou deux retournements bienvenus pour éviter le ronron ultraprévisible. J’aurais imaginé deux ou trois trucs un peu plus tordu, notamment avec la compagne artificielle de K – fabriquée par la même compagnie que celle du méchant – mais c’était déjà pas mal.

Pour autant, je n’irai pas jusqu’à dire que Blade Runner 2049 est un chef d’œuvre. Il est très bien fait, mais il pêche pas mal sur le rythme et on a l’impression que certaines scènes sont là juste parce que – le combat final, notamment. Il est positionné entre le film d’auteur et le blockbuster d’action et, soit il ne sait pas lequel choisir, soit il n’est pas allé assez loin dans l’idée d’être les deux à la fois.

Personnellement, je le recommande aux amateurs de science-fiction non conventionnelle. Les überfans du film originel risquent d’avoir des crises d’apoplexie, mais comme je trouve qu’il y a trop d’überfans relous dans le monde, si ça peut éclaircir un peu les rangs, ça ne me dérange pas.

Bonus: la bande-annonce:

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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6 réponses

  1. Laurent dit :

    Je rejoins totalement ton analyse : beau, bien joué, de bonnes idées… mais, il manque un truc pour en faire un « très bon film ». Plein d’autres œuvres sont passées par là en 30 ans et ont marqué la thématique développée par Blade Runner : Ghost in the Shell ou encore récemment Ex Machina, … je m’attendais à « plus » en fait, mais il n’en reste pas moins un bon film.
    Laurent Articles récents…Game’in Reims 2017My Profile

  2. François dit :

    Vu la semaine dernière, et j’en suis ressorti assez mi-figue, mi-raisin. J’ai passé un bon moment (à part la musique), mais j’ai trouvé que ça manquait de profondeur, notamment en termes de critique sociale.
    François Articles récents…FinMy Profile

    • Alias dit :

      Oui, c’est possible aussi. Mais je dois dire qu’à mon avis, ce n’est pas le but du film. Ce qui pose une autre question : quel est ce but?

  3. Ehaudelà dit :

    Cette histoire de révolte messianique des Réplicants apporte un sens moral gnangnan dont le film n’avait pas besoin. Et à mon sens BR2049 est trop long d’une bonne 1/2 heure.
    Mais cette pellicule, qui parfois se traîne sur des images sublimes, respecte totalement (et développe) l’univers et l’esprit du premier film.
    Bravo à Denis Villeneuve, qui après son excellent Premier Contact, réussit à éviter l’écueil de la suite qui ne sert à rien.

  1. 28/10/2017

    […] les avis de Alias, Just A Word, […]

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