Blake et Mortimer: Le Serment des cinq Lords

Je dois avouer une fascination certaine pour la série Blake & Mortimer, créée par Edgar P. Jacobs, et son mélange d’enquêtes très british et d’éléments de science-fiction ou de fantastique. Les dernières livraisons ne m’avaient pas réellement enthousiasmé, mais avec le nouveau volume, Le Serment des cinq Lords, je suis déçu en bien, comme on dit en là par chez nous.

Cette nouvelle aventure du duo héroïque se situe, nettement plus que les épisodes précédents, dans une lignée “enquête”, avec une étrange affaire tournant autour d’un personnage historique, Lawrence d’Arabie. Les amateurs de croustillant en seront pour leurs frais: les chapitres les plus salace de la vie de Thomas Edward Lawrence sont passés sous un silence pudique; c’est du grand public.

En lieu et place, on a une enquête qui implique le monde gris des services secrets , du contre-espionnage et de la realpolitik, sur fond de milieu universitaire. De même que Les Sarcophages du sixième continent s’intéressait à la jeunesse de Phillip Mortimer, ce tome va faire découvrir quelques des sombres secrets du début de la carrière du capitaine Blake.

Point donc de fantastique dans cette aventure, mais des courses-poursuites dans la campagne oxfordienne, des histoires de complots et de sociétés secrètes, de vengeance et de filiations inavouables qui rappellent énormément les “grands détectives” du tournant du XXe siècle, Sherlock Holmes et Harry Dickson en tête.

Bon, malgré tous les retournements et les quiproquos que réservent le scénario d’Yves Sente, je dois avouer avoir vu venir d’assez loin la révélation finale, mais c’est somme toute assez mineur. Pas grand-chose à redire au dessin d’André Juillard, qui est très – peut-être trop? – fidèle au trait de Jacobs. S’il fallait trouver un défaut à cet album, c’est quelque chose de commun à beaucoup d’autres de la série: il est très verbeux.

Néanmoins, Le Serment des cinq Lords est un album qui tient la route; probablement pas le meilleur Blake et Mortimer, mais loin d’être le plus mauvais non plus. À recommander aux amateurs d’enquêtes un peu surannées dans la Grande-Bretagne de l’après-guerre.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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1 réponse

  1. J’aime bien le duo de Jacobs aussi. A lire donc.
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