Blake et Mortimer: Le Testament de William S.

Blake et Mortimer: Le Testament de William S.

William Shakespeare a-t-il vraiment existé? C’est une question qui peut paraître absurde, mais qui a secoué le petit monde du théâtre et de la bonne société londonienne entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe et c’est cette énigme à laquelle s’intéresse Le Testament de William S., dernier opus des aventures de Blake & Mortimer.

Ce tome a plusieurs particularités: d’abord, c’est une des très rares histoires de la série qui n’a à peu près aucune composante fantastique. C’est une enquête historique sur une légende, une chasse au trésor à travers les siècles dans le plus pur style pulp, mais avec des protagonistes très british.

Un autre point intéressant, c’est que l’antagoniste habituel du duo – le colonel Olrik – est également présent, mais il téléguide ses sbires depuis… la cellule de sa prison. Enfin, parmi les protagonistes, Blake est quelque peu en retrait et c’est Mortimer qui fait l’enquête, accompagné par une jeune femme, fille d’une de ses amies… et qui pourrait être un peu plus que cela.

Si vous aimez les intrigues intellectuelles et littéraires, vous allez être servi. Déjà qu’à la base, les Blake et Mortimer ont tendance à être du genre verbeux, ce Testament de William S. doit battre des records. Je soupçonne qu’avec le seul texte de cette histoire, il y aurait de quoi remplir une nouvelle de taille moyenne. Moi j’aime bien, mais j’en connais que ça rebute.

Le dessin est très classique. André Juillard est complètement dans le style. Là encore, on aime ou on n’aime pas, mais ça donne une véritable continuité à la série. Le duo que forme le dessinateur avec Yves Sente, le scénariste, est bien au point et on sent que ce dernier s’est amusé à créer une histoire crédible autour de l’identité de William Shakespeare.

D’une certaine manière, ce Testament de William S. est très sage. On est loin de l’overdose de WTF de L’Onde Septimus, ce qui est plutôt une bonne chose, mais ce n’est pas non plus la Grande Aventure et le souffle épique des premières histoires – ou même du précédent tome, Le bâton de Plutarque.

Il est cependant loin d’être inintéressant, mais il ravira surtout les lecteurs les plus littéraires.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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