Blake et Mortimer: L’Onde Septimus

L’Onde Septimus, nouvel album de la mythique bande dessinée « ligne claire » Blake et Mortimer, tente de donner une suite à La Marque Jaune, un des albums les plus marquants de la série. Autant dire que c’était un pari risqué, pour ne pas dire casse-gueule.

Je ressors de sa lecture avec un sentiment ambivalent: d’une part, un fourmillement de bonnes idées et, d’autre part, une bonne dose de WTF et un traitement qui, par moment, frise le grotesque. Cet album me donne à la fois envie de crier au génie et de crier des choses beaucoup moins aimables tout en jetant des objets lourds par la fenêtre.

On y croise d’anciennes victimes du professeur Septimus, qui cherchent à ressusciter ses recherches, Mortimer, qui cherche à faire de même tout en ayant des doutes sur l’éthique de ces recherches et le colonel Olrik, qui se départit de son rôle de méchant caricatural pour laisser apparaître des aspects contrastés de sa personnalité et soulever quelques questions intéressantes (d’où vient-il? quelles sont ses ressources qui lui permettent de rebondir à chaque coup dur?).

Le souci vient que, sur cette trame potentiellement intéressante, se greffe une histoire de vaisseau extra-terrestre et de possession mentale qui, si elle n’est pas totalement absurde en soi, colle à mon avis assez mal avec la trame originelle.

On a l’impression d’avoir affaire à une pièce rapportée pour combler un trou de scénario, genre « oh, on n’a pas prévu tel truc alors paf! soucoupe-volante et méchant ET ». Si j’étais réellement méchant, j’invoquerais le tropisme de la « fin Scoubidou ».

Au final, on a l’impression de lire une sorte de gloubi-boulga passablement indigeste, mélange de plusieurs albums anciens et de suffisamment d’idées pour en faire deux ou trois autres nouveaux – mais pas forcément de très bons non plus.

La forme propre au style Blake & Mortimer, faite de narrations-descriptions kilométriques (il y a probablement autant de texte dans un volume que dans une nouvelle) et de dessin suranné à base de couleurs primaires, n’aide pas l’assimilation.

Il n’empêche que je n’arrive pas à complètement vouer cet album aux gémonies. Oui, j’aime bien faire des phrases, mais j’aime bien aussi la ligne claire et, de façon plus générale, l’ambiance qui se dégage des aventures de Blake et Mortimer.

C’est peut-être bien mon côté vieux con nostalgique, mais ces histoires de pulp dans une Grande-Bretagne des années 1950 m’ont toujours plu. À la limite, ça pourrait même servir d’inspiration pour une histoire de la Laverie (des Atrocity Archives).

En bref, il y a de la matière – peut-être même trop – mais l’ensemble a du mal à prendre. La Marque Jaune aurait mérité une autre suite que ce L’Onde Septimus qui, sans être totalement mauvais, est clairement un des moins bons de la série.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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