Blind Guardian: At the Edge of Time

La morale de cette histoire: toujours faire confiance aux disquaires qui vous connaissent depuis cinq ans! Quand celui-ci vous dit “je sais que tu n’as pas aimé leur précédent album, mais le nouveau Blind Guardian, At the Edge of Time, est vraiment très bien!” (la citation est apocryphe sur la forme, mais pas sur le fond), il a raison. Et c’est tant mieux, parce que pour faire un mauvais jeu de mot, je ne l’aurais pas acheté les yeux fermés.

Et c’est vrai que, si je n’avais pas complètement détesté A Twist in the Myth, je l’avais trouvé un peu plat et très convenu et il ne m’avait pas donné envie d’explorer plus avant. At the Edge of Time, c’est un autre animal: exit le métal à la papa, bonjour le symphonique à gros son des années 2000! Quand j’écoute ça, je me dis qu’avec le prog, le symphonique est sans doute ce qui est arrivé de mieux au métal ces dix dernières années.

Bon, en toute honnêteté, ça reste quand même du métal à la papa derrière: un power-métal mélodique de l’école allemande, mais avec une orchestration symphonique qui produit de l’emphase par mégatonne et une production hyperbolique.

À peu près tout dans cet album donne dans le monstrueux bourrin à grand spectacle. Il n’y a de morceaux faibles que par comparaison: un “A Voice in the Dark” n’est pas très impressionnant que parce qu’il précède l’épique “Wheel of Time”. Et que dire du duo gagnant “Valkyries”/”Control the Divine”: pile au centre de l’album, histoire de ne pas nous laisser le temps de respirer…

At the Edge of Time est un album calibré pour les amoureux du gros métal qui tache et pour les fans de fantasy: Blind Guardian s’était déjà illustré il y a quelques années en faisant un album intitulé Nightfall in Middle-Earth, ici on a droit à des références peu subtiles à Moorcock (“Tanelorn”) ou la série des “Wheel of Time”; jetez un œil sur la page Wikipédia de l’album, c’est plus qu’éloquent: Blind Guardian fait du métal pour rôliste ou je ne m’y connais pas!

Au reste, Blind Guardian, c’est un peu comme la fantasy en littérature: ça fait un peu plaisir coupable. Ce n’est pas hyper-subtil, pas transcendant niveau originalité, limite commercial dans les thèmes et leur interprétation, mais c’est tellement bien foutu qu’on a envie de secouer la tête comme un furieux et/ou d’aller buter un dragon avec un fusil à pompe. Juste parce que.

À noter que la version que j’ai achetée inclut deux CD et, pour une fois, le second disque a des choses intéressantes, comme des versions symphoniques (encore plus symphoniques, s’entend) de quelques des morceaux.

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