Breaking Orbit: Transcension

Breaking Orbit: Transcension

Il y a peu de choses plus frustrantes qu’un album attendu qui ne tient pas ses promesses. C’est le cas de Transcension, le deuxième album du groupe australien de métal progressif Breaking Orbit, groupe dont j’avais sélectionné le précédent album, The Time Traveler, comme album de l’année en 2012.

Comme souvent, le problème n’est pas tant que l’album est mauvais, mais plutôt qu’il souffre de la comparaison avec le précédent. Il faut aussi dire que les Australiens avaient frappé fort et qu’en comparaison, Transcension est certes beaucoup plus technique – se rapprochant par certains côtés d’un TesseracT – mais aussi moins cohérent, plus décousu.

L’album comporte neuf pistes pour un peu plus de cinquante-deux minutes; pour du métal progressif, les morceaux sont de longueur plutôt moyenne, avec un maximum à sept minutes sur deux pistes, plus trois autres au-dessus de six minutes. Breaking Orbit n’est pas trop du genre à faire dans l’esbrouffe et on a donc un album de taille raisonnable.

Transcension propose un métal progressif très technique, très travaillé – peut-être trop, en fait. Disons les choses ainsi: Breaking Orbit a pris le risque ici de faire monter les enchères et d’aller encore plus loin dans le prog. Des fois, c’est payant, avec des morceaux comme « When Isis Starts to Cry », « Become the Light », « The Glitch » ou « Another Race »; parfois moins.

Et puis l’autre problème de Transcension, c’est qu’il y a certaines parties qui sentent la baisse de régime; certes, il est bon qu’un album s’accorde quelques moments de respiration, mais sur des morceaux comme « Namaskar », c’est plus du décrochage. En fait, j’ai l’impression que l’album perd de son rythme dans la deuxième moitié.

Cela posé, il fait reconnaître qu’objectivement, Breaking Orbit sait faire de la belle ouvrage: les musiciens sont au taquet et même sur des parties très techniques, ils assurent. La production semble avoir pris quelques galons, ce qui est tant mieux, et la voix est aussi de très bon niveau.

Reste qu’à mon avis, Transcension est « juste » un bon album de métal progressif et pas le gros coup de matraque qu’a été The Time Traveler. Je conviens que ce n’est pas très fair play de descendre un album à cause d’un glorieux prédécesseur, c’est pourquoi je vous recommande quand même de jeter une oreille sur cet album.

Un dernier problème au passage: la version numérique n’est disponible que sur un service qui s’appelle Music Glue et qui est une sorte de Bandcamp en beaucoup moins pratique, ne proposant que des fichiers au format WAV. Bon, ce n’est pas tragique – iTunes les gère sans autres – mais c’est agaçant.

Bonus: un aperçu de l’album en six minutes

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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