Brieg Guerveno: Valgori

Brieg Guerveno: Valgori

Je vous vois venir, les gens: je pose comme titre Valgori, le nouvel album de Brieg Guerveno et vous allez ricaner sur le fait que je suis encore allé chercher un groupe de prog exotique dans un bled improbable. Ce n’est pas entièrement exact.

Voyez vous, Brieg Guerveno est techniquement un auteur-compositeur français. Le twist, c’est qu’il est breton et qu’il chante en breton. On pourrait croire que c’est juste un aspect anecdotique, mais les sonorités de la langue bretonne donnent une dimension particulière à son rock progressif contemporain.

Sous une pochette plutôt somptueuse, Valgori compte huit pistes de taille « prog » – le plus souvent entre six et neuf minutes – pour une durée totale d’un chouïa plus d’une heure.

Je vais être franc: je ne suis pas fan de tout ce qu’il y a dans cet album. Déjà, je trouve que, stylistiquement, il a tendance à partir un peu dans tous les sens. On va y trouver du prog moderne, des sonorités seventies, du folk, voire des flirts avec le death-metal (« Pedenn ») ou le zeuhl – mais je suppose que les sonorités bretonnes y sont pour beaucoup.

Cela dit, quand il tape juste, Brieg Guerveno est capable de produire des petits bijoux, comme « En Desped », « Fallaen », « An hivizenn », « Hirnez » ou « Pedenn ». Et puis Valgori porte en lui une ambiance sombre qui compense la multiplicité stylistique par une unité de ton.

Personnellement, je vois cet album plus comme une curiosité que comme un coup de cœur. C’est un – rare – exemple d’album qui est, pour moi, plus intéressant d’un point de vue intellectuel que viscéral. Je ne regrette pas de l’avoir acheté, mais je ne m’imagine pas l’écouter en boucle.

Je pourrais continuer à pointer sur des trucs qui me gênent, comme le timbre de la voix – je crois que c’est un problème que j’ai avec quasi tous les groupes de prog français – et des arrangements parfois trop vintage. Mais, dans l’ensemble, il est sympa, moderne et bien foutu; le vrai souci, c’est qu’il ne me parle pas tant que ça.

Le mieux, si vous voulez vous faire une idée, ça reste d’aller sur la page Bandcamp de Valgori et de l’y écouter. L’album est à un prix raisonnable – €8 au téléchargement – et vous serez peut-être plus sensible à son atmosphère et à ses sonorités que moi.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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