« La Brigade des Loups », de Lilian Peschet

"La Brigade des Loups", de Lilian Peschet

Quand on parle de la Roumanie et des créatures mythiques, ce sont rarement les loups-garous qui viennent en premier à l’esprit. Pourtant, c’est dans ce pays que Lilian Peschet a décidé de situer son roman La Brigade des Loups.

Un contexte situé quelques minutes dans l’avenir (horizon 2020), mais dans une uchronie où la lycanthropie est causée par un virus qui est apparu trente ans auparavant.

La Brigade des Loups est une unité rattachée à la police roumaine, qui emploie des « lupo-positifs » pour enquêter sur des affaires qui impliquent d’autres lycanthropes. Même si la Roumanie est un des rares pays du monde où les malades ont droit de cité, tout n’est pas rose pour autant.

Et d’ailleurs, assez rapidement, les choses vont dégénérer, avec la mort d’un médecin qui travaillait sur le virus lupin et, surtout, l’assassinat de la famille de Vasile, le capitaine de la Brigade. Pavel, l’informaticien, Mikaïl, le pisteur, Yakov, le médecin et Dragos, le costaud un peu simplet, vont se retrouver au beau milieu d’une grosse conspiration bien méchante.

Paru à l’origine en feuilleton numérique de six épisodes, j’ai pu acquérir le bouquin lors de Trolls & Légendes. Je connais Lilian depuis déjà quelques temps, à suivre son blog (un peu assoupi ces temps, d’ailleurs) et ses sorties tweeteresques, et je me demandais à quoi ressemblait sa prose, sorti de ses vraies-fausses interviews d’auteurs.

Fondamentalement, La Brigade des Loups est un thriller fantastique, une enquête vaguement futuriste, mais qui est surtout axé sur la problématique de la maladie, du racisme, de l’alterité.

Bon, OK: c’est surtout un bon gros roman d’action où ça fonce à toute vitesse, ça démembre à tout va, ça défouraille dans tous les sens et ça tabasse sec. Enfin, humide: il y a du sang, beaucoup.

Je vais être honnête: j’ai bien aimé, mais c’est loin d’être le bouquin du siècle. Pour utiliser une expression que je vais finir par user: c’est du niveau Fleuve Noir Anticipation. De la littérature de quai de gare, avec tout ce que ça a de noble et de moins noble.

L’action est soutenue, les personnages attachants, le trip « Roumanie + futur proche + pandémie + loups garous » est beaucoup moins étouffe-agnostique qu’on pourrait le croire et l’écriture fait le boulot. À côté, il ne faut pas oublier de suspendre son incrédulité avant de rentrer et ne pas non plus trop s’arrêter pour réfléchir.

Mais si on aime le fantastique contemporain, genre « créature mythique dans un monde moderne », La Brigade des Loups se laisse lire avec plutôt bonne volonté, avec quelques éléments de réflexion au-delà de l’action pure.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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