« Catch-22 », de Joseph Heller

Ce fut rude, mais j’ai enfin pu terminer Catch-22, de Joseph Heller. Pourtant, dans l’absolu, ce roman à l’humour absurde sur un escadron de bombardiers américains, pendant la Seconde Guerre mondiale, avait des chances de me plaire.

On y suit les frasques d’un dénommé Yossarian, membre de l’équipage d’un bombardier léger engagé sur le front italien et provençal, qui s’aperçoit que non seulement l’ennemi essaie de le tuer, mais l’incompétence, le carriérisme, les ambitions et les malversations de son propre camp mettent sa vie en danger. Le « catch-22 » du titre faisant référence au fait qu’il doit être déclaré fou pour ne plus voler, mais que s’il ne veut pas voler, c’est la preuve qu’il n’est pas fou…

Le gros problème de ce bouquin, c’est que c’est un gros bouquin: 500 pages dans lesquelles il ne se passe pas grand-chose, avec beaucoup de personnages aux noms absurdes (Major Major, Scheisskopf) et aux historiques encore plus absurdes, qui se croisent dans des situations elles aussi absurdes.

Il y a les missions qui ne déroulent jamais comme prévu, bien sûr, les permissions qui dégénèrent en orgies ou en bagarre (le plus souvent, les deux), les magouilles des officiers supérieurs, les abominations administratives et le marché noir élevé au rang d’art majeur par un des pilotes. C’est rigolo au début, mais passée la moitié du bouquin, le doute s’installe: où l’auteur veut-il en venir? Ça cause beaucoup, ça grenouille énormément, mais ça fait du sur-place. En plus, Catch-22 ayant été écrit il y a soixante ans, c’est quand même méchamment daté.

Reste tout de même des scènes brillantes, comme les invraisemblables trafics du dénommé Milo, l’histoire du Major Major ou la non-mort du docteur de l’escadrille. Mais également des scènes plus brutales, telles les morts de plusieurs des amis de Yossarian ou son errance dans une Rome en ruine en proie au chaos. C’est aussi la folie d’hommes et de femmes pris dans la guerre.

Pour cela, oui, Catch-22 est en effet un grand roman et, pour les rôlistes, une source d’inspiration pour des ambiances militaires ou de zones de guerre. J’imagine pour ma part assez bien certaines scènes reprises telles quelles dans des situations impliquant la Dame de fer, pour donner un nom au hasard.

Reste que pour accéder à ces éléments, il faut se taper une brique de bonne taille, truffée de texte pas forcément digeste et qui ne va pas très loin — et pas très vite non plus. Ou c’est peut-être moi qui n’ai plus l’habitude de lire de la “vraie” littérature, allez savoir.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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