C'est reparti comme en nonante…

Le jeu de rôle, c’est le Mal. C’est bien connu, les rôlistes, c’est rien que des adolescents attardés qui passent des heures devant un écran à jouer des monstres et qui, le soir venu, mettent des costumes et se tapent dessus avec des cadavres dans les cimetières. Après, ils deviennent fous et ils meurent.

Enfin, s’il on en croit les journ…, euh, disons plutôt les gens qui écrivent dans les journaux. Un journaliste a une vague conscience professionnelle qui le pousse à vérifier ce qu’il dit ou écrit. Si c’était un journaliste qui avait écrit les critiques du film « Demain dès l’aube », parues dans Le Monde et Telerama (respectivement Jean-Luc Douin et Mathilde Blottière; stigmatisons les coupables), ça se saurait.

Passons sur l’idée que la reconstitution historique soit du jeu de rôle; « jeu de rôle » est un terme qui recoupe tellement de pratiques différentes qu’on peut à la limite admettre une licence poétique. Tout le côté « le jeu de rôle, ça rend fou » est une resucée d’un très vieux thème, datant des années 1990, qui s’est avéré n’être rien de plus que la transposition en France de délires paranoïaques venus des USA, où une organisation a cru voir un lien entre des suicides d’adolescents et la pratique du jeu de rôle.

La Fédération française de jeu de rôle a publié à ce sujet un communiqué de presse qui rétablit une vision plus nuancée sur le sujet, soulignant la confusion des genres et l’inocuité du jeu de rôle en tant que loisir. Avec un peu de chance, ça devrait permettre aux auteurs de faire un second papier sur le sujet et, avec beaucoup de chance, d’être moins ridicule sur le coup.

Comme disait Yvan Audouard, « Une information plus un démenti, cela fait deux informations pour le prix d’une. Et c’est toujours la fausse qui reste dans les mémoires. »

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

Vous aimerez aussi...

8 réponses

  1. Fred H dit :

    Je note quand même que l’article du Monde part pas trop mal dans sa définition du jdr…

    • Alias dit :

      @Fred H À part le titre, tu veux dire? Faut pas se leurrer, le lecteur lambda va lire le titre, passer rapidement sur l’article s’il a envie de se faire une toile et oublier le reste.

      Ah, et félicitations pour le 500e commentaire publié de ce blog. 😉

      • Fred H dit :

        @Alias
        Ben je pensais à ce passage : « Créé aux Etats-Unis à la fin des années 1960, où la trilogie du Seigneur des anneaux, de John Ronald Reuel Tolkien connaît un grand succès, le jeu de rôle est un jeu de société auquel on s’adonne autour d’une table ou « pour de vrai », et de nos jours sur Internet. Incarner un personnage, inventer des dialogues avec ses partenaires, stimuler l’imaginaire est l’enjeu de ces parties qui s’effectuent sans gagnants ni perdants, uniquement pour le plaisir de s’immerger dans un autre monde, et de simuler une façon de vivre d’autrefois, de se créer des émotions démodées. »

  2. Jess dit :

    Oui, bon, bof… je pense qu’il y aura plus de lecteurs de cette entrée que de spectateurs dudit film (piratage inclus). 😉

  3. Pitros dit :

    La ffjdr et ton article se trompent de cible, il me semble :
    – soit il est fait mention de jdr dans le film (et / ou le realisateur dans ses interviews), et c’est contre lui directement qu’il faut agir,
    – soit il n’y a rien dans le film, et c’est le distributeur qui est responsable.

    Pourquoi le disributeur et non les journaleux ?
    Parce que c’est le distributeur qui axe la com de ce film sur cet amalgame. (Google a encore été mon ami).
    Peut-on vraiement reprocher a des critiques de cinema de ne pas faire la différence entre deux hobbys méconnus, et de faire confiance a la doc qui leur est fourni ? Quel roliste (hors passioné / pro) fait la différence entre un plan américain et un plan italien pour rester dans le cinéma ?

    En mettant la faute sur les critiques sans vérifier d’où viens la méprise, la ffjdr fait exactement la même erreur que les journalistes qu’elle stygmatise.

    • Alias dit :

      @Pitros De mon point de vue, les personnes qui ont écrit ces critiques sont responsables de ce qu’elles écrivent. Sinon, elles ne signent pas.

      Si elles en sont responsables, ça veut dire qu’on peut s’en prendre directement à leur compétence professionnelle si elles écrivent des conneries.

      Le fait que ces mêmes conneries soient dans la com’ du distributeur n’y change rien, au contraire: quand je lis la presse, j’espère y trouver autre chose qu’une chambre d’écho pour communiqués de presse rédigés par un service marketing plus ou moins inspiré. Autant dire que je suis souvent déçu.

      • psychee dit :

        Et je partage l’avis de mon grand frère, tu es responsables des conneries que tu écris/recopie, et tu en assume les conséquences et l’avis que l’on portera sur toi…

        … et là, autant dire qu’il y a de quoi peser.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

%d blogueurs aiment cette page :