Chaos Venture: Chaos Venture 1.0

Un des clichés du rock progressif, c’est le concept-album de science-fiction. Avec ou sans drogues (mais bien souvent avec). Le groupe italien Chaos Venture, qui s’auto-définit comme « Space Alien Metal » – y’en a aussi – ne déroge pas à la règle avec son premier album, sobrement intitulé 1.0.

Au-delà de la boutade, Chaos Venture donne dans un genre qui rappelle plutôt le néo-prog des années 1980 – notamment un jeu de guitare qui s’inspire fortement de celui de Steve Rothery –, mais avec une production qui ne sent pas le vieux et quelques incursions dans des genres tels que le métal, le space-rock et l’électro. À l’origine du projet, les frères Christian et Gabriele Fasini, auxquels se sont joint le claviériste, chanteur et compositeur Andrea de Paoli et une tripotée d’invités, parmi lesquels on compte Kevin Moore, Mark Zonder et Richard Barbieri. Rien que.

Chaos Venture 1.0 aligne onze pistes de longueur moyenne: entre quatre et six minutes, avec un écart à plus de neuf minutes pour « Monster HD ». Au total, un peu plus d’une heure, mais c’est plutôt du bon: si le côté « concept-album » n’est pas immédiatement perceptible, faute de thème, le son du groupe est assez caractéristique tout au long de l’album pour que l’auditeur ressente une certaine homogénéité – bienvenue, surtout quand l’auditeur en question est chiant sur ce point.

C’est la bonne nouvelle; l’autre bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas vraiment de mauvaise nouvelle: Chaos Venture produit un rock progressif nerveux, enlevé et réalisé avec un savoir faire certain. Certes, on pourrait chouiner sur le fait qu’avec un tel parterre de stars, on s’attende plus à un feu d’artifice musical et que, somme toute, l’originalité n’est pas vraiment le point fort du groupe, mais ce serait un peu chercher la petite bête – et renforcer plus que nécessaire le côté « auditeur chiant » précité.

Reste que loin d’accoucher d’une souris, Chaos Venture livre quelques perles, comme le magnifique instrumental « Pulsar » ou « Platoact », qui lorgnent pas mal sur la fusion prog/métal à la Haken. Autre excellent instrumental, le plus planant « Elektrik Symphony K725 », hommage à Apollo 11.

En bref, ce premier album de Chaos Venture, sans être parfait, est tout de même très sympathique, voire plus par moments. C’est du bon rock progressif, bien mordant et bien moderne, qui bouge et qui assure. Il ne reste plus à espérer, pour la version 2.0, un petit dépoussiérage du code-source.

Bonus: la vidéo officielle du projet, reprenant des bouts de « Pulsar », mis en image de façon un peu cheesy, mais on s’en fout, on est là pour la musique.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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