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"Chevalier Larouille", tomes 1-3, de Mathieu Okubo

“Chevalier Larouille”, de Mathieu Okubo

Voici une chronique littéraire un peu particulière, d’une part parce que les trois tomes de Chevalier Larouille sont d’un genre – le roman historique – que je ne recherche pas particulièrement et parce que son auteur, Mathieu Okubo, les publie sur Wattpad.

Dans ses histoires, on suit un vieux chevalier, monté sur une jument hors d’âge et équipé d’une cotte de mailles rouillée, qui sillonne le sud de ce qui n’est pas encore la France – dans le premier tome, on est en 1129. Larouille n’est bien sûr pas son vrai nom, mais c’est le seul que le lecteur lui connait.

Qui est-il? Mystère. D’où vient-il? Idem. Que vient-il faire ici? On ne le sait pas non plus, mais il semble avoir une mission – ou, à tout le moins, quelque chose à défendre. Des bribes de réponses transparaissent dans les récits, mais pour le moment, Larouille se contente de traverser des paysages impressionnants et de tomber sur des événements bizarres.

Au cours du premier tome, Facies Mortis, Larouille est confronté à un combattant qui sème la terreur en Provence. Dans Homini Lupus, c’est à une meute de loup et à la malédiction d’un seigneur des Alpilles qu’il a affaire. Et Aquae Ductus se déroule dans l’ombre d’un ancien d’aqueduc romain sur la route d’Uzès, autour duquel des agissements étranges se trament.

L’auteur décrit volontiers les aventures de Larouille comme une version western-spaghetti du Moyen-Âge. Il y a de ça. C’est en tous cas un Moyen-Âge loin des images d’Épinal, pas complètement crasseux, mais pas lumineux non plus. Larouille lui-même est un chevalier, donc instruit, mais dont on comprend assez vite qu’il a vécu des choses terribles. En combat, c’est un monstre, mais il est également capable de réflexion; il a beaucoup vu, beaucoup vécu et ça se sent.

C’est surtout une époque habitée par des gens, des vrais. Je crois qu’une des grandes forces de ces textes tient aux personnages secondaires, souvent complexes et intéressants, vivants – même s’ils finissent souvent très mal. J’avais beaucoup aimé le trio de mercenaires qui accompagnent Larouille dans le troisième tome.

Les histoires flirtent avec les limites du fantastique et bénéficient d’une plume impressionnante. Mathieu Okubo écrit vraiment très bien; il a un style qui s’améliore au fil du temps et qui sait s’épurer quand il le faut.

Comme le dit si bien la Loi de Sturgeon, 90% de tout est de la merde et c’est particulièrement vrai sur des plateformes d’écriture en ligne comme Wattpad. Il reste cependant 10% qui n’est peut-être pas de la merde et Chevalier Larouille se trouve tout en haut de ces 10% restants. C’est de la bonne came, que je recommande avec enthousiasme à tous ceux qui veulent faire vivre des histoires médiévales.

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